HISTOIRE SOCIALISTE h el comme une idée; Je prolélarial s'affirme comme une clas,e. La Révolution ouvrière se dresse si menaçante conlre l'ordre hourgroi, que les classes diri gcanles coalisent contre elle loules les pub,anc(•, de la bourgeobic cl les propriétaires paysans affolés par le spectre ronge. ~lais il y a r,wore indéci-ion et confusion dans les doctrines socialisles: en 18\8, le communisme de Cabet, le muluellisme de Proudhon, l'étatisme de Louis Blanc se hrurlrnt dése-p,·- · rément, el le moule de pensée où doit prendre forme la furet>ounière r,l inconsistant et inachevé: les théoriciens se disputent le métal en fusion (jlli sort de la fournaise, et pendant qu'ils se querrllenl, la rl-action, conrluile par l'homme de Décembre, brise tous les moules ébauchés et rPfroi,lil le mêlai. Sous la Commune mlime, blanquisles, maf\istes, proudhoniens impriment ;\ la pensée ounière des directions divergentes : nul ne peut 1lii'r qnel itléal socialiste eùt appliqué la Commune victorieuse. En outre, il y a trouble el mélange dans le mouvement mèmc comme dans la pensée. En Hl\8, la Révolution est préparée par la (lémocratir radicale des petits bourgeois autant et plus peul-être que par le sociali,me ouvrier, et au, journées de Juin la démocratie bourgeoise couche sur Ir payé ardent de Paris les prolétaires. En 1871 aussi, c·cst d'un ,oulhcmcnl de la bourgeoisie commerçante irritée par la loi des échéances cl par la durrlé des hobereaux de Versailles, c'est aussi de re.xaspéralion patriotique et de, défiances républicaines de Paris que le mou l'emcn t de la Commune est sorti. Le prolétariat socialiste n'a pas lardé à mellre sa marque révolutionnaire sur cette confusion el ~larx a eu raison de dire, en ce s,'ns, dans sa forte et systématique élude sur la Commune que, par elle, la clas;e ouvrière a pour la première lois pris possession du pouvoir. C'est un fait nom·eau et rrune incalculable portée; mais le prolétariat a profité d'une sorte de ,urprise; il élail, dan, la capitale isolée el surexcitée, la force la mieux organisée et la plus ai~uë; mais il n'était pas encore en étal d'entrainer el d'as,imiler la France; celle-ci appartenait aux prêtres, aux grands propriétaires fonciers et (1 la bourgeobie ùont ~I. Thiers était le cher. La Commune a été comme une pointe rougie au feu, qui se brise contre un gros bloc réfractaire. ~lais de 18'.8 à 1871, le progrès prolétarien est immense. En 18i8 la participation du prolétariat au pouvoir est presque fictive: Louis Blanc et l'ouvrier Albert sont paraly;és au gouvernement provisoire ; et une bourgeoisie perfide organise contre eux la tricherie des ateliers nationaux. Les socialistes discutent platoniquemcnl au Luxembourg, ils abdiquent et se résignent à n'être qu'une impuissante Académie. N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent. Puis, quand la classe ouvrière trompée se soulève en Juin, elle est écrasée avant d'avoir pu une minule loucher au pouvoir. En 1871 les fils des combattants de Juin ont tenu le pouvoir; ils l'ont exercé; ils n'ont pas été l'émeute, ils ont él6 la Révolution. Les prolétaires ainsi haussés au gouvernement ont pu en être précipités; Ils n'en ont pas moins donné aux nouvelles générations ouvrière~ un haut
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