100 IIISTOlllE SOCIALISTE mcnl oil arrhe ce Lrobième période cle la sociéLé, la dislrillulion des Lerres se fera en raison ries rangs, du pouvoir cl de la q11a11Liléde lr' peaux dont chacun jouit; que rcrail le paurni cl le faible d'un ,·aslc champ qu'il ne pourrait défricher? Il se réduira de lui-m~me au néccs,airc, tandis qu'un cher occupera Loule l'étendue qu'il peul couvrir par ses troupeaux el culliver par se, serviteurs el ses c,claves, car c·esl une circonstance humilianle de l'histoire des sociélés que la propriété des hommes a presque toujours précédé c!'lle des terres, comme ru-age de la gurrrc, qui fait les esclaves, a précédé le degré de 1>opulationqui lait un besoin de la cullure rl du travail. • Si la possession de la terre est le fruil de la conquête, lïnégalilé de la distribution sera plus grande encore, suirnnl les u,agcs qui règne11l à celle époque. La conquête presque Loujours dépouille les vairrcus de la plus grande partie de leurs biens el souvenl les réduil à l'esclavage; parmi les vainqueurs, elle n'en ri chil guère que les chefs. à peine lt• soldat lrouvc-l-il dans son lol à nourrir, pendant quel<1uetemps, sorr orgueilleuse oisivelé. « Ain,i, dès le premier momcnL où un peuple cultive la terre, il la possède ordinairement par portions très inégales. Mais quand il existerait d'abord quelque égalilé, pour peu que par la marche nécessaire des choses elle s'altérill, l'inégaliL6 des portions de1iendrail bienlôl excessive. C'est u11principe certain que là où il n'existe pas d'au/l'e 1·eve1111 que celui des terres, les grandes wopriétés doivent peu à peu engloutir les pelites; comme là où il eJ iste ,m revenu de commerce et d'industrie, le travail des pauvres parvient 11eu à peu à attirer à lui une portion des terres des riches. • S'il n·e~i,te d'autre produit que celui des terres, celui qui n'en possède qu'une petite portion sera sounnl réduit ou par sa négligence ou par lïnccrlitude des saisons à manquer du nécessaire; alors il emprunte du riche, qui, lui prOlanL chaque année une portion de son épargne, rarvienl bientôt à s'approprier son champ. Plus il l'a appau\'ri, plus il le lient sous sa dépendance; il lui présente alors, comme une ra,cur, la proposition de le nourrir en lui fai~ant cultiver ses propres terres et de l'admettre parmi ses serviteurs; si même la loi l'y autorise, il achètera jusqu'à sa liberté. • Le cullivalcur sacrifie ainsi toute l'indépendance que la nature lui a donnée; le sol l'enchaine parce qu'il le fail vivre. • Pauvre, disséminé dans les campa9nrs, assujetti par ses besoins, il l'est encore par la nature de ses travaux quile sipar, de ses semblables et (isole. c·,st le rassemblement des hommes daru les villes qui donne aux faibles le 111oyende résister par le nombre à l'influe11cedu puissa11/et c'est le progrès des arts qui rena ces rassemblements nombrru..c et constants. • Enfin dans ceLâge de la Société, le paul're n'est pas moins asservi par son ignorance; il il perdu celle sagacité nalurclle, celle hardiesse d'imagination qui caractérisenL l'homme erranL dans les bois, ces usages el ces maximes de rn0csse qui sont le fruit de la vie contemplative des peuples pasteurs. Il
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