08 lllSTOlRE SOCIALISTE seraienl pas rééligible,;, llarna,e, très peiné de celle interruption de sa vie publique, retourna à so11pays d'origine. el là, comme il avait coulume de le faire dès l'adolescenc~, il se consola en écril'ant. li composa une lntroduc1io11 à la Révolt<tion fra11çaisc, qui ful publiée seulement en 1845, par .M. Oérenger de la Drôme, d'après les manuscrit; que la sœur de llarnal'e avait eus en mains. C'est, je croi,;, le principal titre de pen,ée du facile orateur. ·u faul en citer des fragments assez étendus, car celle œuvre nous montre à quel point la bourgeoisie révolulionnaire, dont Taine dénonce si sottcmenl l'idéali,me abstrail, avait conscience du mouvement économique qui déterminait sa Yictoirc. « On \'Oudrait vainement se faire une juste idée de la grande rérnlulion qui vient d'agiter la France en la considérant d'une manière isolée, en la détachant de l'histoire des empires qui nous environnent el des siècles qui nous ont précédés. Pour en juger la nature, el pour en assigner les vérilables causes, il est nécessaire de porter ses regards plus loin, il faut apercel'oir la place que nous occupons dans un système plus étendu : c'est en contemplant le moul'emcnl général qui depui:; la féodalité jusqu'à nos jours condnil les gouvernements européens à changer successivement de forme, qu'on apercel'ra clairement le poiul où nous sommes arrivés, el les causes générales qui nous y ont conduits. « Sans doute que les rél'olutions des gouvernements, comme tous ceux des phénomènes de la nature qui dépendent des passions el de la volonté de l'homme, ne sauraienl être soumises à ces lois fixes et calculées qui s'appliquent aux mou\'ernenls de la matière inanimée; cependant, parmi celle multitude de causes dont l'influence combinée produit les événements politiques, il en est qui sont tellement liées à la nature des choses, dont l'action constante et régulière domine avec tant de'supériorilé sur l'intluence des causes accidentelles que, dans un certain espace de temps, elles pan·iennent presque nécessairement à produire leur elfet. Ce sont elles, presque toujours, qui changent la face des nations, tous les petits él'énemenls sont enveloppés dans leurs résultats généraux; elles préparenl les grandes époques de l'histoire, tandis que les causes secondaires auxquelles on les attribue presque toujours ne fonl que les déterminer ... • Et llarnave, d'après ces principes, nous trace à grands traits l'histoire des sociétés humaines. C'est vraiment un premier croquis du matérialisme économique de Marx. « Dans la première période de la société, l'homme vil'anl de la chasse connait à peine la propriété : son arc, ses flèches, le gibier qu'il a tué, les peaux qui servent à le coul'rir, sont à peu près tout son bien. La terre entière est commune à tous. Alors les institutions poliliques, s'il en existe quelque commencement, ne peuvent avoir la propriété pour base; la démocratie n'y est autre chose que l'indépendance el l'égalité naturelle; la néces,ilé d'un chef dans les combats y donne les premiers éléments de la mo-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==