Gaetano Salvemini - Scritti sulla scuola

Problemi di riforma scolastica Le professeur -- scrive splendidamente il Fouillée - quelle que soit sa spécialité, a une action qui lui est personelle; par son simple contact journalier avec les élèves, il les forme plus ou moins à son image, il leur donne quelque chose de son esprit et de son coeur. Ses enseignements contiennent des suggestions continuelles. Il importe clone qu'il ait acquis, par l'étude des hautes questiones morales et sociales la plus grande élévation d'idées et de sentiments; à ce prix il élèvera les esprits qui lui sont confiés. La légèreté, l'indifference, le scepticisme, trop fréquents chez les purs littérateurs et meme chez les purs savants, peuvent avoir une action dissolvante; l'étude des problèmes de philosophie generale et appliquée est le grand remède à ce scepticisme. Tous les ma'ìtres doivent etre avant tout des moralistes et, pour cela, avoir reçu euxmèmes la vrai instruction morale. Dans l'enseignement secondaire autant que dans le primaire, l'éducation des futurs €du(:ateurs domine le reste... Comme l'a bien dit Herbart, l'éducation doit se préoccuper moins des objets memes d'étude que de l'esprit de l'enfant; elle ne réclame pa1>seulement, pour la grammaire des grammairiens, pour la géographie des géographes, pour l'histoire des historiens, tous plus ou moins specialistes; elle réclame encore et surtout des psychologues et des moralistes. Autant dire qu'un esprit philosophique est seul apte à enseigner une science quelconque d'une manière qui la rende éducative, soit au point de vue intellectuel, soit ou point de vue moral. Qu'un philosophe enseigne l'arithmétique ou la grammaire, il y prendra toujours intéret, par ce que l'esprit philosophique lui fera sentir l'importance et les conséquences des lois du nombre ou des lois <lu langage, et fera partager cet interet à ses élèves. La connaissance des diverses méthodcs lui fera trouver la meilleure; l'habitude de remonter aux principes et d'embrasser des ensembles l'empechera de se perdre dans les détails et de prendre le superflu pour le nécessaire; ses notions psychologiques le rendront apte à comprendre l'àme de l'enfant, par cela meme à l'aimer; ses connaissances morales et sociales l'exciteront à dégage; de toutes choses l'inspiration de bonté comme l'esprit de vérité. Nos plus brillants professeurs de réthorique,2° plus encore que les autres, ont besoin d'études philosophiques qui les initient à toutes les difficultés des méthodes, à la logique et à la psychologie de l'enseignement. Nous voudrions qu'ils fussent bien moins érudits en historie littéraire et bien plus instruits des vraies humanités, c'est-à-dire de tout ce qui concerne et l'esprit humain en général et l'esprit des jeunes gens en particulier; pour cela, la première et la plus essentielle des conditions, c'est de leur donner l'esprit philosophique, c'est de les interesser par cela meme aux études psychologiques, morales et sociaks. Là seulement ils trouveront les fruits qui nourrissent au lieu de cueillir simplement si non les fieurs de 1·éthorique à la mode de nos pères, du moins les fleurs littéraires à la mode d'aujourd'hui, et qui, demain pourrout bien etre fanées à leur tour ... Il n'est pas admissible non plus, que nos professeurs de sciences restent étrangers à la culture philosophique, car, plus que tous les autres, ils sont exposés à se perdre dans la spèc1alité, qui peut rétrecir l'esprit des élèves en meme temps que le leur. E s'ils melent des vues générales à leur enseignement - ce qui leur arrive - ils les empruntent d'ordinaire aux théories superficielles qui ont la faveur du jour. Ainsi, donné par des professeurs trop spécialistes, l'instruction reste d'un coté, l'education morale reste de l'autre. Celle-ci, trop -souvent, apparait comm'un gene, un ennui, une limite à l'expansion de la vie individuelle, alors qu'en réalité la vrai vie de l'individu consiste à vivre dans la vie universelle. C'est ce qui ferait la moralité de la science meme, si elle était présentée par des mattres croyant avoir charge d'àmes, sous son jour socia!, au lieu d'etre un simple instrument pour des fins personnelles et utilitaires; c'est ce qui ferait la moralité de l'histoire, si celle-ci devenait une sorte de vie sympathique prolongée à travers les temps et l'espa• ce; la moralité de la littérature, si elle était comprise camme une pénétration de la société dans l'individu, camme une expression de l'àme collective par les génies les plus personnels. Il faudrait ainsi rendre l'instruction mème éducative au lieu de la 20 Le classi di rettorica corrispondevano in Francia, prima della riforma del 1902, press'a poco al nostro Ginnasio superiore e alla prima classe del Liceo. 582 BibliotecaGino Bianco

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