HISTOIRE SOCIALISTE 3 Au point de vue financier, il élail d'une exlr~me urgence de procéder à un minutieux, complet iA,•enlairc d'une silualion difficile cl complexe; frais énormes de la guerre, formidable indemnité à solder pour lihi-rer le lerriloirP de la douloureuse cl lourde occupation élrang,•rr; pour assurer le fonctionnement des services publics cl faire face à des rfformcs au"1uelles ne pouvait se soustraire, m~mc la coalilion des forc,•s consennlrices. Au point de vue militaire, tout à refaire, tan! pour sr 'J"•rckr contre un retour ofTensif du vainqueur que pour lt• maintien clr l'ordre à lïnlfrirur. Enlin, se posait le problème éconon1ique dominant tous les aulrrs, sinon dans les apparences, du moins dans lt•-'Iréalité,, parce qu'il louclH', ri·glc la '"ie dr chacun des membres du corps social. Tondis que la fraction conseienle, acti,·e du prolétariat fran~ais, décim,'c, échappée à la fusillade, aux ponton<, aux camps pré,•cnlifs, ù l'exil, se lcrrail, prrs'luc sans espoir: que la grand,• masse des lrarnillcurs, rcpri~r par l'rnccs<anl laheur cl <on inla•salM rt'·signation, mctlait en tl'Uvre le c:.pilal sous toulC's ~r~ formes. la hourgro1s1t• française, malg,·é une intense 1eprise des affaires dans la production comme dans. les échanges, conslalail avec stupeur •1ue la pai, à peine failr a,·cr 1\•rnemisoldal, c"était une grande guerre qui ,-ommen~ait a,·ec un cnnemi-•économ que formidablement el méthodiquement outillé. Cc n'était pas pour rien qu'au cour·s des n~gociations, d'oii devait ~orlir le lexie déllnilif du traité de pnix, les questions rclnti,·es aux relations commerciales entre la France cl l'Allemagne a,·aienl été étudiées, déuallue, avec une grande ardeur, parfois une ularmanle vivacité. Le prince d,, Bisma,·ck, alors que ,1. Pou)er-(juerticr insistait pour que la France resl,\l maitresse de sa hbcrté d'action, avait brulalcmenl répondu : • J'aimerais mieux recommencer la guerre à coups de canon que de m'exposer à une gue1Tc de tarifs». Et de la discussion une clause était née, dont, il faut le reconnallre du reste, les cfî<•lsne furent pas ceux espérés par le chancelier de fer : • Les traités de commerce avec les difTércnts Etals de l'Allemagne Il.) ant élé annulés par ln guerre, le gouvernement frantais ol le gouvernement allemand prendront pour base de leurs négociations commerciales le traitement réservé à la nation la plus favorisée. • Sont compris dans celle règle les droits d'entrée et de sortie, le transit, les formalités douanières, l'admission cl le lrnitcmenl des sujets des deux nations ainsi que de leurs agents. • Toulefoi5, seront exceptées de la règle susdite les faveurs qu'une des parties conlraclnntes, par des traités de commerce,:\ accordées ou accordera à des États autres que ceux qui suivent : l'Angleterre, ln Uelgique, les PaysBas, la Suisse, l'Autriche, la Russie. » La bourgeoise dirigeante, malgré de sérieux avertissements, n'avait pu croire au développement de la puissance militaire de l'Allemagne. Cependant, la foudroyante campagne de Bohême était un indice grave. On élail allé même
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