HISTOIRE SOCIALISTE jusqu'à prl·voir qu'un sucd·s des armes françaises sur I(' Hhin provoquerait des di-f!'l'iions imporlanl,•s, la dislo<·alio11de la Conféd.-ralio11 née de l'i-crasemcnl de 1·\ulrichc. On ignorait que ccll(' Confédi-ralion (·lait unie pa,· des liens l'conomiques autrement solid<•s qu~ les liens diplomali<1ucs, que les pressions m,lilaires, lanl les inlén'ls malé1·iels domincnl tous les autres. ,'.,· 1111i si• ré,·élait soudain, la paix signée, c'est que paralh'lemcnl à une Allenrn~n~· inlPllr•ctucll<'. militaire. u1H' Allemagne économique ~·t•t,11l d{•vcloppéc a,-N· h'nlcur mais léna('il~. ~,h('l1\ copahle de <·ouco1TPnr<'r lrs nations lrs plu~ ancit.>nnC'menlC'l IC"splus savamment org::miséP~ cl qu<:> 1 aux lauriers parfois aléatoires, toujours oni-r<·ux de la gu,•n·e, elle allait ajouter une riche moisson de laul'iers industriels rl rommerciau'\. L'crune ::n-ailété cnlrepri~c au lendcrnain d'lén:1; l'unité allcman<lr poursuivie d'abord dans les dwncellcri!'s, sur les champs de bataille, avant d'Nre réalisfr apri·s ~adowa, consacrée/\ Yersaillcs par la restauration de l'Empire, étail a<"complic dans le domaine économique. L'histoire de la pr<'parMion, de l'établissement du Zollverein association <louanii•re entre di,rrs Etals de l'Allema!(ne en 1828, de son rcma11icmenl en !MS pou,· une durée <le clouzc années, englobant lous les Etals de la Con[i:dération germanique, plus de 3~ millions d'habitants, à l'c;ccplion - Ioule provisoi,·c - de Br~m<• cl de llamhourg, {•taitlà pour démonlt·rr qu·unE'unit~ - la communauté df'S inlén'ls - autrement ~olidc1 quoique d'appan."nre moin~ impressionnante, était formée. capable de résister aux pires rc,·ers militaires. De celle unité élail née la puissance économique qui allait porter à l'industrie, au commerce français, à l'industrie, au commerce des autres pays, de l'Angleterre parliculièrcrnrnl, des coups sérieux. Cependant, quelques années devaient s'écouler a,·anl que la concurrence se manifeslùl sous son vérital,lc aspect. Depuis le débul de la guerre, pour ainsi dire jusqu'à la chute de la Commune, la !'rance occupée à la lutte contre l'invasion, troublée par la guerre civile, a, ail 1·usa pl'Oductioo désorganisée, son commerce paralysé; les capitaux apcuri·s se cachaient cl il avait fallu consommer, approvisionner en vètcmcnls, armes, munitions el vivres les armées improvisées Jonl une partie seulercent était envoyée sur les champs de bataille, landis que raulre, ,ouée aux pires lassitudes des villes de garnison, des camps mal agencés, Nail décimée par la variole el le tJ·phus. La paix signée, « l'ordre » ,·établi, cc ful une prodigieuse reprise des affaires; partout, dans les cités. dans les usines, dans les champs, le lra,ail s'épanouit, le commerce fui presque dél,ordé el les capitaux jusqu'alors blollis reparurent, décidés à se sacrifier palrioliquemenl pour la libération du lerriloire, sur l'aulel des emprunts émis à des taux très bas, promelleurs de sérieux bénéfices. Spéculations à coup stlr, telles qu'en a décrit Jlalzac dans les
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