J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIH8 S0Clt\LJST8 pas sanc;; dt•~ inquil•tmks. !=.ansdoute-plu~ ,lffrcl(•cs <(UC r(•cllc~,que )1. dr Bi~~ marcl, l'i Jt, gr.1nd 1:ta1-)lnjor allt•mand assi,lail'nt à la réorganisation militaire lin pays. C,•pendanl. il (•lait ,isihle que le peupl<' allemand, proprement dit, n'arnil ra~ plus ,l'inlén'l qu<' de !,;Ol\l à s'engager dans une nouvel!!' a,·enlurr, ,!1ll la , idoire la ,·onclu1·,• encore. De m,'me qu'en l'ranre, Ioule l'arlivil(• (·conomique, durant plusieurs mois suspendue, a,•ail repris, d,'s la paix rHablie, el c'était une acli,·il,' d'un carar1,'rr bien nel el lrès puissant; l'aC'li\'ilé d'un peuple jeune, laborieux, lorlcmenl ori:anis~. <tui apparai-sail sur Ir champ de bala,lle de la production cl des t.'·d1angrs sa,·ammrnl outillé, hnl ile, cnlreprcnnnl, armt• de capitaux ; par suite, soucieux du mainlit·n de la paix. Puis, malgr·é la griserie de succi•s mililai,·es retentissants, tels que l'Europe n"en avait ,•u, depuis l'i·popée impériale, peu a peu se faisait Ir douloureux in,·cnlnire cks perles essuyées. Sans ,·ompler I,•, milli,•rs de morts, de hless~s. frappés en pleine lu Ile, parmi le crépilt•mrnl de la fus,lla<le, Ir fracas des canons, la furrur sauvage de~ chargt•s de ,·a, alcrie ou d'infanterie, s'étaulissail le bilan formidable des soldats déccMs par suite des faligucs, des rigueurs de la tempéralure, clu typhus, d,• la variole; de loutes les maladies <1uis'aballcnl sur les grandes aecumulalions d'hommes souslraih à leur \'ie coulumil:rc; condamnés à un régime anormal, à une c,islence oscillant cnlre l'ércinlemcnl cl la ner\'osilé fatale !'hcz loul èlrc que les falalilés. les solliscs, les crimes de la politique c,lfricurc <les nalions trnnsformenl brutalement en inslrumcnl de meurlrc. L'Allemagne bourgeoise el ouvrihc comprenait bien que les feuilles <le rht'•ne el les lauriers de la ,icloirc, souillés de sang, se dc,·aienl voiler <l'un funi·bre cn'pe <le deuil. \ïrlorieu~c, il lui fallait panser de nombreuses cl !'ruelles blessures. La virtoire l'lail profitable au seul parti militaire, caste à pari, qui n'a de profils, par elle appréciables, qu'à la guerre. li y avait <lonc malihc ~ réflexions, hésitations pour les gouvernants, d'aulanl que le socialisme, malgré la crise patriotique très intense qui vcnail de ~e produire, grncc à 1'111epl1<',l'imprévoyance criminelle du gou\'crncmenl de Napoléon 111, faisait d,·s progrès énormes sous l'impulsio~ <les mililanls qui, comme Bebel, Lil'bk,wcht, profila·cnl de Ioules le, c~rconslances pour démontrer au prolétariat la 11éc,•ssil(•de se grouper aulour d'un programme lrès ncl. Du reste, foil remarquable mais non anormal, à mellrc en lumière, bravant les injures des chau, ins, les menaces souvent suivies d'cflel, des agents el des juges, ces mrlilants ri leurs camarades, loul en accomplissant leur devoir, défendant leur pa)S, n'arnicnl pas hésité à affirmer leurs scnlimenls allcclucux envers le peuple fran,;ais •111'ilsne rendaient pas re~poQsablc des faulcs du gouverne• menl impfaial. :\ ·arnienl-ils pas prolcslé conlr·e la conlinualion de la guerre, npr(•s ln proclamation de la llépubli,1uc, c'est-à-dire après la dispa,·ilion do ceux qui l'avaient pro\'oqu(·c '! i\'arnienl-ils pa8 énergiquement protesté - cl l'acte

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