J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

74 HISTOIRE SOCIALISTE renl, heureusement, sans détc,·mincr un conflit qui cul été désastreux pour les deu, pa) s. Quant à la discussion de la loi militaire, clic fil, au cours des séances de la Commission spéciale, apparaitre une fois de plus les idées \'ieilloles du chef du pouvoir exécutif qui ne pul que difficilemenl se résoudre au service obligatoire cl personnel, à la réduction du temps de scn·ice à cinq ans; il opinait pour sept à huil ans, quand l'armée allemande venait de faire une démonslraLion aussi sensationnelle, quand des soldats de métier se pl'Onon~aicnt déjà pour la réduction à trois ans. Toutefois, la loi fut ,·oléc le 2ï juillet lt-lï'2; elle proclama il le service obligatoire et personnel; en fixait ainsi la durée : cinq ans dans l'armée active, quatre ans dans la réserve de l'armée active; cinq ans dans l'armée territoriale el si, ans dans la réserve de la territoriale. Mais la durée du service était loin d'ètrc égale pour Lous, chaque classe étant divisée en deux portions égales, toutes deux apparlcnanl à l'armée acti,·o, mais une composée des conscrits moins farnrisés par le tirage au s,orl, appelée à rester cinq ans sous les drapeaux, l'autre n'y devant rester qu'une annéç. La bourgeoisie française, tout en faisant « la part du feu » en consentant à sacrifier ses enfants sur l'autel de la patrie, ne pouvait se résigner à sacrifier leur avenir. Cn ouvrier de l'usine ou du champ, un modeste employé de commerce ou d'administration pou\'aienl, sans préjudice appréciable pour d'autres que pou,· eux ou leurs familles, passer cinq ans dans les caserne~ ou les camps, mais il ne pouvait ètre toléré qu'il en fut de mème de futurs avocals, médecins, patrons ou simplement rentiers. A coté de dispenses traditionnelles en faveur des soutiens de famille, des-professeurs, instituteurs liés par l'engagement décennal, fut créé cc que l'on appela le volontariat d'un an, privilège exorbilanl aujourd'hui disparu. Le 29 juin avait été signée, non sans des négociations forl laborieuses, la convention relative à la libt'ratlon du territoire, le terriloire de !Jclfort restant terre française. li ne restait plus, après ,a ratification par l'Assemblée, qu'à demander au pays et mème à l'étrange,· les 3 milliards 498 millions nécessai.-es b. celle considérable et décisive opération. Le nombrn des souscripteurs fut de près d'un million et le capital ful souscrit près de quatorze fois. Pou,· 3 mil• liards el demi, i3 milliards 900 millions furent offerts. L'étranger trouva dans cet emprunt l'occasion d'excellents placements et de fructu~uses spéculations puisque ce fut lui qui fournil la majeure partie des souscriptious '. Voici en quels termes un historien fort modéré s'exprime au sujet des emprunts imposés par la liquidation de la guerre franco-allemande : « Que chaque citoyen français ail toujours sous les yeux la somme énorme de la delle qui, sous différentes formes, fut conlracléc par la France pour les dépenses extraordinaires de la guerre, de 18ï0 à 18i2: « Dix milliards 'cinq cent ciriquanle millions! Telle est la charge qui, rien

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==