J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

IIISTOIRE SOCIALISTE drvoi,· de porter les armes en temps d,, paix comme en temps de gurrre, cl le r~f{imc de l'obligation pour tous pa,·aissail Ir srul équitable. L'Allemagne monarchique ,·enail de démonlrc1· les av:rnlng-('s de cc recrutcmenl. L'au Ire question était celle de lïnslruction. On avait élé ballu, disait-on - il faut bien chercher des excuses aux défaileH, quand on ne veut pas en découvrir les véritables causes - on a,·ail été ballu parce que le peuple n'était pas assez inslruil, parce qu'il complait un grand nombre d'illettrés. « C'est l'insliluleur allemand qui a pr(•paré les "icloircs », telle était la formule courante. li y avait une bonne pari de "érilé dans celle affirmai ion; cc n'était pas Ioule la vérité, cependant, car malgré Ioule leur ignorance, officiers cl soldats fran- •;ais, tanl en Alsace que sous ~Ietz, avaient vu de très près la victoire souriante déjà. ~lais, admeltanl la thèse, il était aisé de répondre à la bourgeoisie française que si l'ignorance du peuple cl lïncomplèle instruction des chefs militaires étaient pour une grande part dans les désastres essuyés, c'était à clic qu·en remontait direclemcnl la lourde responsabilité, puisque c'éla1l elle qui, possédant cl gouvcr·nanl, n'avait donnè nu peuple l'instruclion1 pas phis sous LouisPhilippe que sous la seconde llépuhliquc et sous l'E111pi1c. Elle n'allait, du reste, se rendre à l'éridcncc que quelques années plus lard el organiser, après quelles longues cl passionnées luttes, l'inslruclion primaire gratuite, laïque, obligaloir(', mais avec 1111 programme insuffisant, incomplet; encore complait-elle en béni-ficicr pour le rccrulemcnl de bons soldais el de meilleurs ouvriers! Pour le moment, dans l'opinion où se dessinait un mouvement non antireligieux, mais anliclérical, parce que les prètressc m~laienl trop ouverlemcnl il la politique, ce que l'on réel amail a\'CC le plus d'ardeur c'élail l'enseignement iaïque, cl ce mouvement se manifcslail un peu parloul à la fois. C'élail do Toulon qu'était pour ainsi dire parti le signal, puisque déjà le 6 aoùt !Sil le conseil municipal de celle \'ille avait décidé qu'à dater du I" octobre suivant, c'est-à-dire de la rentrée des classes, Ioules les écoles primaires seraient exclusivement confiées à des inslituleurs cl inslilulrices laïques. Le préfet du Var avait approuvé la délibération, mais des religieuses louchées directement par celle délibération s'étaient pourvues devant le Conseil d'Elal. M. iul_es Simon, le républicain ancien membre du gouvernement de la Défense nationale, dont l'évèquc Dupanloup devait dire : « Cel homme sera cardinal avant moi », élail ministre de l'instruction publique; pour faire sa cour aux droites il prit Ioules les dispositions el exécuta toutes les manœuvres en vue de faire annuler cl la délibéra lion <lu conseil municipal cl l'an·êlé approbatif du préfet. Il y réussit, comme pour une délibération analogue du conseil muni~ipal de Roanne! Ces mesures ne devaient pas arrêter le mouvement, au contraire. La France commençait à avoir peur du gouvernement des curés. Les , acanccs de l'Assemblée se terminèrent parmi ces agi talions diverses.

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