HISTOIRE SOCIALISTE 67 -------------------------------- Quelques anciens socialisles, revenus de !'(•moi légitime causé par la récente d6faile, abandonnaient le décourngement, stimulés du reste par les appels des camarades en exil, dont lell1·es el brochures pénétraient, se répandaient, se communiquaient en cachelle; c'était surloul parnii la jeunesse que l'agitation se produisait; parmi la jeunesse ouHii·re ayant peu de loisirs, peu de moyens pour s'inslrnire; parmi la jeunesse des écoles, plus indépendante, turbulente par tradition, républicaine par raison, surtout par enthousiasme; souvent généreuse. Oans quelques villes, plus particulii·,·ement dans le Midi el dans le Sud-Ouest, s'était formée, dès l8ï2, une Association républicaine des écoles; elle a,•ait arboré un programme qui paraissait avancé, d'un « rouge "vibrant cl séduisant. On se réunissait, on discutait el des discussions, peu à pèu, se di•gageait une orienlalion. Au fur à mesure que se dégageait celle orientation, les adhérents $'égrenaient tout naturellement, chacun se classant dans la fraction républicaine conforme à ses intérèts de classe, son tempérnment, ses vues particulières, ses ambitions ou ses espoirs désintéressés. Et l'émiellcment scrn pour ainsi dire complet le jour où se posera la question d'arlîliation ü l'Internationale qni, arnnl la loi comme après, lentement se réorganisait, pour uuc brè\ c durl!c. L'éclipse no SCl'a que momentanée; ùne tr~ntaine ,J'ann '••sa ,-.,. ,i.1· d'autres bases, le prolétariat aura rccons; lilué, par son avant-garde conscir.1·1-, sen pacte inlcrnaLional de solidarité désormais inlnngible. l"ne grande activité a\'ait été déplo)ée pour celle réorganisation de l'lnte1·- nationale, car un grand Congrès dernit être lcnu à La Haye et quP. là devail se livrer, après une très vive cscaPmouche au Congrès de 1869, à B,\lc, une grande bataille entre les partisans de Karl ~!ars et ceux de Bakounine. Oes sections avaient été fondées ou réorganisées un peu partout, parfois sans assez de prudence. ;-;ous retrouverons ces sections aux prises a\'ec la nouvellç loi el les juges correctionnels, au cours des procès qui se déroulèrent en 18ï3. Ln grande masse du prolétariat français allait rester indifférente, défiante ou hostile envers ces tentatives qui furent. cependant, assez signiûcalivcs pour allirer l'attention des conservateurs de drnite ou de gauche. Ajoutons, néanmoins, que le souci de défendre la République, de l'asseoir ~omme définitive forme de gouvernement fut assez profond, assez forl pour grouper fortement toutes les fractions du parti républicain et leu,· permettre eoil une défensive énergique, soit une offensive irrésistible chaque fois qui, des occasions se présentaient. Elles étaient presque quotidiennes. Entre les questions qui passionnaient l'opinion, deux se présentaient : J.-, servicç '?ilitaire pour la réorganisation d'une armée nombreuse et forte. Le système qui jusqu'à la guerre avait prévalu el avait surtout fourni des prélorions capables de défendre le pouvoir, mais incapables de défendre le pays - il venait d'en être fait une expérience crnelle - était définitivement condamné. D'autre part, il paraissait inadmissible qu'un citoyen valide pulse soustraire au
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