24 JIISTOln8 SOCI.\USTE Turbigo n·en recueillit pas moins seize sièges; parmi ses élus figuraient ~I\J. (:ambetta, Laurent-Pichat, Srheurr,·-Krsl,wr el Corbon. L"élection du 2 juillet, sans touterois ,·omplètemenl décourager la droite de l".\ssemhléc, lui porta néanmoins un coup terrible. Les forces ,·i,·es de la démocratie- rPprirenl courage f"t1 malgré Ir~ ùiffirullés sans nombre, les préventions, les ealornnics, allaient s·esquisser, de bonne heure, quelques tentatives de propagande socialiste. CIIAPITHE \"I La presse /raquée. - Rélablisse111e11/du caulionne111e11/. - L'acliuilé cléricale. - Les pélilions des évêques. - Le pouvoir lempore/ du pape. Tous les procédés étaient mis en œuvre pour« assurer l"ordre » cl « prévenir les excès de la démagogie lurbulcnle. » Toutefois, l'étal de siège maintenu dans plusieurs départements, pratiqué plus rigoureusement à Paris qu'ailleurs, devait être pour rassurer tous ceux qu·avaient affolés les mouvements insurrectionnels. La presse républicaine, très restreinte comme organes, n'élevait que timidement la YOix,sans cesse menacée, fréquemment frappée dans les conditions les plus autoritaire~ par ,les juges implacables. Un long chapitre suffirail à peine pour établir un sommaire relevé des journaux avertis, suspendus, supprimés brutalement par l'aulorilé militaire dans les départements où fleurissait l"étal de siège; frappés d'amendes, de prison. dans les autres, par les tril,unaux ordinaires. La répression s'activait surtout quand se tentait, non pas une apologie, simplement une loyale explication sur le mouvement eommunalistc ou un appel à la pitié en faveur des vaincus emprisonnés el de leurs familles privées de leur plus précieux soutien; quand élail contesté le pouvoir consliluanl de l'Assemblée i'iationale ou s'organisait une campagne anticléricale. Ces procédés rigoureux ne pouvaient sufôre aux réacteurs, pas· même au pouvqir exécutif où figuraient de prétendus libéraux, lei M. Dufaure, el des républicains, lei Ernest Picard, ancien membre actif de l'opposition sous l'Empire el qui avait fait partie du gouvernement issu de la Révolution au 4 septembre. li fallait à toul prix empêcher la presse démocratique de se développer; pour celle œuvre le plan était simple mais perfide: rétablir le cautionnement, ce qui préviendrait la création de nouveaux journaux, tandis que seraient muselés ou écrasés sous les mesures arbitraires, sous les amendes,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==