J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE « L,•s élus du parli ouvrier onl le devoir de dénonce,· les autours du crime qui ,i<'nl d\'·ll'<"commis contre Je l1·avail. n llrpuis <·elle époque, M. Zévai•s s'est assagi. ~I. vcrvillc-Héachc avait déposé un or,lrc du jour de« confiance dans le 1:ou\'rrncmcnl pour établir toutes les responsabilités». La priorité n'avait été acco,·déc à ccl ord,·e du jour que gn\cc à l'appoint de onze députés socialistes qui n'avaient pas voulu s·auslenir ou ,·oler contre comme leurs amis. C'était là unr bien ch{•livc majorité, mais l'alliludc des progressistes et de ~I. llibol qu1 c:-;écula, avec un laient rc•niarquaLle, n-1aisune maladresse insigne, une charge à fond de lrain il la fois contre· le cabinet el les socialistes, détermina vingl-sepl députés socialistes à voler pour le Gouvernement el l'ordre du jour de ~!. Gervillc-lléache ful adoplé. Si les socialistes a,•ait fait bloc avec les républicains ministériels, en revanche les modé,·és cl les progressistes s'élaienl unis aux réactionnaires. Des deux cùlés on élail dans la logique du moment. l'n bref débal cul lieu en mars au sujet d'une proposition d'un ùépulé nalionalislc, M. Massabuau, réclamant la suppression des appels de 1·ésc1·vislcs el de territoriaux à l'occasion de !'Exposition. Celle demande fut l'Cpoussée. \'ers la fin du mois, le Sénat décréta cl adopla la loi modifiant celle de 1892 sur le travail des enfants, dos filles mineures cl des femmes dans les élablissemcnls industriels. Suivant M. \\'addinglon, la loi intéressait 130.000 enfanls, ë00.000 femmes el plus de 1.100.000 ouvriers adultes. M. \Yaddinglon n'élail pas partisan d'une modification do la loi de 18!)2; il l'avait expérimentée, appliquée, dans s.cs élablissemenls; à son avis elle suffisait; la modifier dans un sens pl us large sans qu'auparavant ful intervenue une entente inlernalionale, c'étail créer de graves difficultés à l'induslrie fran~aise. Toutefois, il ajouta '1t1'il volerait la loi proposée, parce qu'il cslimail équitable, nécessaire do garanti,· aux enfants, aux femmes, des conditions de travail plus humaines et à l'ouvrier la liberté indispensable au développement de la vie do famille. ~l. Millerand, ministre du commerce défendit le projet de loi et ~l. Strauss. sénateur de la Seine, se joignit à lui pour convaincre le Sénat; malgré l'opposition obstinée de MM. Séblinc cl Expcrl-Be,.an~on, la loi fut adoptée. Elle élail loin de répondre aux revendications des travailleurs socialistes, mais il serait injuste de contester qu~ la limitation des heures du tr'avail pour les enl'anls, les femmes, les filles mineures, la suppression du travail de nuit consliluaicnl un progrès appréciable. L'altcnlion du pays se partageait entre l'approche de l'ouverture de l'Exposilion, la préparation des élections municipales el les luttes que soulenaicnl, dans le Sud-Africain, la Hépubli((ue c1·orange et celle du Transvaal contre l'Anglelcrrc. Celle lullc élail d'autant plus émouvante que, provoqu~c par une agression aussi inattendue qu'injusliliée de la parL du l'Angleterre, clic se déroulait entre une grande puissance disposant de soldats nombreux cl do millions par centaines et un inlimr groupe d'hommes résolus aux pires sac,·i-

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