J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

281 HISTOIRE SOCIALISTE marqui·, dans le dé-parlcmcnl de la Seine, par l'échec de M. A. Hanc qui avait mené, dt's la première heure, une ardente campagne en faveur du capitaine Drcifos Par contre, dans la Loirc-lnf(-ricurc, le général ~lercier ful élu sénateur; il est ainsi des colli•ges électoraux qui ne sont \'l'aimenl pas diflicilcs dans le rhoi, de leurs ,·cprésentanls ! Le hudgct de l'exercice t!JOOn'ayant pu èlre volé en temps prescrit, on ,i\·ail sous le régime des dou,i<\mes provisoires - les contribuables n'en sentaient leurs charges ni alourdies. ni allégées - on en reprit la discussion cl le budget de la guerre donna au député socialiste Sembal l'occasion d'un discours su,· une série de graves abus relevés dans l'adminislralion de l'armée. D2ns un langage éloquent, à l'aide de documents précis, il dressa un émouvant réquisitoire con Ire les compagnies de discipline cl les bataillons d"Afrique; puis il dénon~a les tares constatées dans la gestion militaire. Ce discours ful le point de départ d'une discussion <JUi,sans la souplesse du président du Conseil, aurait pu ètre funeste au cabinet, car une polémique acerbe, virnlente, s'éle,·a entre M. Camille Pellclan, rapporteur de ce budget spécial et le général Gallifl'el, minist,·e de la guerre. C'était la menace d'une irréparable rupture enl,·e le i;ouverncmcnt el l'extrèmc-gauchc. A ~l. Camille Pclletan qui a1ait tracé un tableau assez sombre du rùlc joué dans l'armée par les cadres supérieurs transformés en une « aristocratie de plus en plus fermée ", le général de (;alliffel avait brutalement riposté par un discours sans mesure, au co,;rs duquel il a,•ail dit:« Le discours el le rapport d,,, )1. Pelletau, auront produil un effet que n'aura certainement pas ,·oulu ~!. le Rapporteur du budget de la guerre. lis auront semé l'inquiélude dans le pays, l'indiscipline dans l'armée cl causé la joie de nos ennemis "· La droite cl le centre avaient fort applaudi le ministre de la Guerre et la situation ministérielle devenait périlleuse, d'autanlque les socialistes, à l'appui de la thèse soutenue par M. Pclletan, avaient déposé une demande d'enquôte parlementaire. Le président du Conseil intervint avec une grande habileté, ména(l'eanl à la fois les susceplihilités du rapporteur cl du ministre de la (;uerrc. La demande d'enqu~te soutenue pa,· les socialistes ful repoussée par 110 voix contre ~i>. Le général de Galliffet devenait l'enfant terrible du Cabinet; c'était là un prioonnier décidé à ne pas «lâcher" ceux qui cro)'aicnl l'avoir capturé. lJcs discussions passionnées se produisirent encore au sujet de l'armée, à tous moments mise à l'ordre du jour, soil dans le Parlement, soit dans la presse, cl l'on scntail bien que chaque parti déployait envers elle un z<'lc rare, ar.n de l'attirer dans son jeu. Dans le courant de février, à Sninl-)landé, avait lieu le hanqucl des Associations ou\'l'il'rcs de production qui, quelques mois auparavanl, avaienl si puissamment collaboré à l'érection de la statue de Fourier, un des prérurseurs les plus puissants du socialisme c~nlcmporain. Dans celte salle, au

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