J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

lllSTOIHE SOCIALISTE coalition " anticlrrJfnsarM • Nait le m1'mr qui, à chaque crise, se reformait, clt•puis l~ïl contre la l1ép11l>liqucri, devant le 11011,·eaudonger, uno fois do pin-, il a,ail repris sa place cl,•bataille à l'e,:r,'mc-gauehr de l'a,·mée républi- <'Oineparmi loqurlle se manif,•stnient lanl d'indfrisions. Il avait, du reste, à luller con!rc des sorialislrs qni ne po11\'oienl admrllrc une nouvelle " dévialion "de la ligne d~,·onduit,• lrnefr au prolétariat cl qui affirmaient qu'il fallait lai<srr aux éli·mcnls bourgeois en lullr ouverte Ir soin de régler lrurs conflits ,·n lesquels les lrovailleurs n'a,·aienl sans doute rien à perdre que lrur temps el leur énergie el c<•rlainem_rnl rien il g-og-uer. C'(·loil 1/1la lactique qui avnil dc•;oét<-cons<·illée, pr,'coni•ée . elle ne pul prh-oloir oupr,•s de la mojorilr qui se rendit parfaitement compk de tons les dangers quo cacha:l la campagne antisémite el soi-disant patriotique. Elle était grave, rn elTct. celle crise, plus gra,c que le mou\'emenl boulangiste, en cc sens qu'elle ne· sr di-rnulail plus autour el en faveur d'une personnalité en rne de l'armc1c. C"était tonie l'armfo elle-n11'me qu'on tenlail de mcllre en cau,e; c"était une question troublante de défense nationale que l'on posa il, a,·rc l'espoir d"agiter loul le pa) s. ~lais, c_elle fois, le paJs se ressaisit plus rapidcnwnl <111ejamais, apri•s avoir élé divisé au plus haut point. Il eut, dans son ensemble, plus de droiture cl d'énergie morale, plus de cloir\'Oyancc, de décision, que ses rcprésenla11ls el ses gouvernants qui, à la fin, ne se d6cid,·rcnl à agi,· que sous sa pression calme mais irré~islible. Les faits ùémonslrolif:1, du reste, s"élaienl ac<'umulés a,ec une rapidité foudropnle et il était bic11161apparu que Ioule l'nlTaire lh·c)fus, depuis la prrmii,re phaee jusqu'au procès de Hennes, arn,l él<' l'o•uur d'un groupe de faussaires audacieux aux- 'l''cls, comme cela csl si souvent ad\'cnu, l'impunité dern,t èlre assurée. t·n H·ul des coupables, le colonel lleory, s'61ail fail justice cou,·ageusemenl, bouc émissaire de ceux pou,· lesquels il a\'Oit lrarnillé. La lulle était arri\'éC au · plus haut point d'exaspération quanù, le Hi f,,,.ricr H,\JU,le pr(•sidcnl Félix Faure mourut subitement. . Le l'l, ~I. l~mile Loubet Hait élu présidl'nl de la lh'publique, par 4'l3 \'Oix contre ?ï!J à )1. ~lélrne, pour 11ui la l'(·aelion arnil ,•olé a\'ec un remarquable ensemble. On sa,.ail )1. Loubl'l partisan de la ,·c•vision du procès llreyfus; il n'en fallait pas da\'antagc pour déchainer contre lui Ioules les bandes anlidre) fusa rdes el nationalistes. Son retour de \"crsailles à Paris fut marqué par d<•sscènes scandaleuses; insurtisammcnt protégé par une escorte hostile, que maintenaient à peine dans le dc,oir les rigueurs de la discipline militaire, le nouveau président ùe la l\épublique fui hué, injurié, cl 0 ce fut un scandale inouï. Le jour des funéraill•s de )1. Félix Faure 23 février), comme les troupes regagnaient leurs casernes, M. Poul Déroulède essoya,l ùe provoquer une s6dition militaire, d'c11lralner sur l'l::l)Sée la brigade stationnée à Reuilly el commandéo par le général 11oget. Dans cc· faubourg Saint-Antoine, si

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