J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE: SOCIALISTE birn ~olidr" 011 .::nn'-c·on'-CÎrncr, ont dt-lihf-r(·mrnl march~ avec la faction, prN1•xlnnl qu'rllr porl.1it C'n rllr lrs grrmrs d'un n1011vrmrntrévolutionnaire! Comme sïl n'&lait pa, l·,·idenl qu'une O!(itation à laquelle collab~raicnt les pires rt'ncleurs, les clfricaux les plus notoires, ne pouvait dévier au profil du socialisme. 111<'maeu simple l,t'néfice de la B{·publiquc'! Les socialistes qui firent masse a,·ec les rt'pul.,licains, furent guidés par celle Sflnsnlion ~impie', t.\J(•m<'nlairr, qu·nvant loul, dans l'intén'L du pays, <le la France de la Hi·,·olution, du socialisme lui-m,'me, il fallait sauver la République d'une catastrophe analogue à celle du 2 décembre 18~1 el que leurs positions, lrur C'ampag11c de propaganclr, ils rrprcn<lraicnl le ll,ul quand lo ..langer sera il <'carie. Le cilo~ en Chabert avait parfaitement défini la situation quand, dans une formule impressionnnnle, il définissait la Hépubliquc « l'outil néccssairr de 1'6mancipation<lrs lravaillrurs )>; malgr6 f.On âge, ses fatigues, il comballait dans les rangs répnblicains. Du reste. au cours de leur propagande antiplébiscitaire, les socialistes ne manquaient aucune occasion d'établir le 1,ilan des fautes accumulées par les partis rfpublicains bourgeois, depuis leur arri,·ée au pou,·oir; de développer leur programme, de convie,· les travailleurs à se p1·éparer à la conquête du pouvoir politique, afin de fonder leur république à eux, la Hépubliquc sociale, La Hépublique, vivant, r,ersislanl, ils la pouvaient améliorer; si elle périssait, il la faudrait ressusciter, c'eslà-dire perdre encore des annérs el des années à luller contre la réaction triomphante qui, di•s le lendemain de sa victoirn, s·emprcsscrail de supprimer les maigres libertés concédées par la l\épublique née depuis quelque temps à peine. La crise boulangiste apaisée, ils reprenaient, en effet, leur campagne de programme, loujou1·s prêts, comme ils devaient le prouver encore au cours de la crise nationaliste, à rallier le drapeau républicain, pour le défendre contre les entreprises de ses ennemis l1·adilionnels cl ae ses ennemis d'aventure. Mais un mouvement particulier qui était appelé à prendre plus lard une extension considérable, se manifestait déjà dans le monde du travail qui commençait à mcllre en pratique la théorie de la lutte des classes, de la constitution du prolétariat en un parti dislincl opposé à tous les partis politiciens, vivant de ses propres ressources cl s·orientanl par ses propres moyens. Celle tendance se manifestait assez nettement dans les bourses du travail qui s'élaienl créées cl dans les syndicats qui y avaient d'abord adhéré. Depuis qu'à Lyon, en J88G, s'était fondée la l·ëdéralion naliorwle, les congrès corporatifs, sous l'inOuence des partis socialistes, élaienl enlr,'s dans la voie révolutionnaire cl celui de Bordeaux, tenu en J88H, déclarait que « la grève générale ou la révolution » pouvait seule entrnlner les lrnvaillcurs vers leur émancipation. En outre une résolution invitait les tra,·ailleurs « à se séparer ne,llemenl des politiciens qui les lrompcnl. » La propagande anarchiste que n'a,aicnt pu compl/>lemenl enrayer les poursuites judiciaires exercées contre elle, à Lyon, en 188:'l el depuis, faisnil des

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