HISTOIRE SOCIALISTE 2HJ n'hésita pas à les démentir, quoiqu'elles fu~senl authentiques, ainsi ')ue cela fut démonll·é plus lard. Au cours d'une inlerpellalion stir l'inlcrvenlion de la troupe dans une g-rhe, il avait déclaré que la présence dt•s soldais ('[ des gendarmes nïmpliquait aucun èaracl,'re d'hostilité contre les gré1·islcs; qu'il ne fallait \'Oir là qu·une sage mesure de précaution, cl il avait ajouté qu·au surplus, au moment même où il parlait, gendarmes cl soldais élai,•nt peul-1'lrc en train de parJai,e,· leur gamelle avec les ouvriers en chômage \'Olonlaire '. Il n'en fallait pas da,anlagc pour séduire celle partie de la population qui, dans sa candeu1· lo11chantc, sans défiance, se laisse séduire, enthousiasmer par de~ dédaralions qu'elle n·a pas l'habitude d'entendre. ~lais \'Oici que, le 11 décembre 18 '(\, le 111inislèrcde Fn'ycinel loml,ail su,· un vole de surprise de la Chambre décidant la suppression des sous-préfets ù dater du I" janvier lSSï. L'n cabinet Goblel lui succédait cl le géufral Boulaugcr y élail religieusement conservé comme une force, lanl sa popularité arnil fait des progrès dans les masses populaires, à Paris cl dans certains centres industriels. C'élail lui qui, mainlcnanl, pour celle partie de la Fra11cc qu'hypnotisait la pensée de la re1•anchc, incarnait le senlimenl du palriolismc le plus exaspéré, le plus dangereux; il devenait rn n1<'metemps le pivot de combinaisons ministérielles élaborées par des membres en vue de l'l~xlrème-GaucheLa série des " fantaisies» poliliqucs, parlementaires el militaires du ministre do la guerre serait trop longue à énumérer; son plan se démasqùait, mettait à jour ses visées ambitieuses. Le l'arlcmcnl, les républicains clairvoyants, sincères, de toutes les nuances, depuis les plus modérés jusqu'aux socialistes ré\'Olulionnaires, étaient déjà forlemcnl impressionnés par le mou1·emrnl uémagof{iquc, d'allure césarienne, qui sr déchainait cl des tenlati,es de réaction qui s'ébauchaient, tandis que des républicains, p,·incipalcmenl dans les fractions les plus a\'ancées, les plus intransigeantes, ,oire mt'me les plus révolutionnaires, affirmaient que le général Boulanger suirail une voie franchement démocratique, inspiré par le plus noble désintéressement. En mai, toutefois, un grave incident de frontière, l'incident Schno•bclé, se produisait; il révéla il les dangers que pouvait faire courir à la France le ministre de la guerre. Au moment où la silu~lion diplomatique était très tendue, où le Chancelier de fe,· se montrait menaçant, une demande de crédit extraordinaire était déposée pour une expérience de mobilisation d'un corps d'armée. lfo la circonstance, l'expérience cul élé considérée par l'Allemagne comme une prorocalion, comme un casus belli cl le crédit ful, heure~scmcnt, repoussé. La chu le du cabinet Gobie! élail, dès ce jour, décidée; èllc se produisit sur une <1ucslion fort secondaire d'économies. On commen~ail à comprendre, dans le parti ri'pu1,licain, qu'il y avait impérieuse nécessité, urgence à se débarrasser d'un soldat-politicien cornpromcllanl, ùi•jù entouré d'une clientèle plus compromettante encore.
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