J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE ::;QCIALISTE '.llï Les résultats des fautes commises par les miniskrcs successifs qui a,aient énervé, inquiété le pays, des divisions des républicains de gou,ernement, de l'attitude inconcevable du gouvernement f'urcnl un sujet de stupéfaction. Apri·s les ,leu,- tours de scrutin, la composition de la Chambre, considérée dan,; son ensemble, élail la suivante : 383 républirains et WJ réactionnaires. Les partis de droite qui, aux élections de !&li, avaient au total obtenu 1.ïS\1.ïHï suffrages, en obtenaient celle fois 3.5~1.384, soit un gain de l .ï:;J .fil ï suffrages. L"événement était sensationnel. Il démontrait qu'une notable partie des élrcleurs républicains élail prèle à se laisser cueillir par le parti audacieux qui oserait.en faire la tentative. Ce ful une profonde émotion dans le parti républicain dont les dive,·ses fractions n'hésilfrent pa~ à sr renvoyer, dès la premii•rc heure, la ,·esponsabililé de ce retour offensif, mrna<:ant, d'un ennemi qu'ou croyait l,ien avoir écrasé définitivement en J881. i\Ialgré une forl belJe campagne, durant laquelle, ayant des moyens plus que modestes à sa disposition, le Parti socialiste grnupa une minorité respeclable de voix: elle accusait des progrès lents maiscerlains. Son activité s'était manifestée dans les grandes villes, dans les centres industriels des principales régions: pat·lout avaient élé développées les idées e~sentielles du programme surgi des différents Congrès qui avaient suivi celui teuu à Marseille en 18i!). A Paris seulement, malgré les difficultés pr(·scntées par le scrutin de liste, ses candidats avaient réuni pri·s de 30.000 voix. Clovis llugues, Anlide 8oyer, Camélinat, Basly élus, allaient prend,·e les premiers sitges à la gauche de l'Extrème•Gauche. Le bureau de la nouvelle Chambre ne ful pas aisé à constituer. ::ii ~!. Floquet ful élu président sans opposition, il n'en alla pas de mème pour les vice-présidents parmi lesquels figurèrent ~l~J. E. Lefèue cl Anatole de la Forge. La nou,elle Chambre avait une lourde l.lcheà accomplir: à l'intérieur, <le, réformes importantes el urgentes; les questions coloniales ù régler cl une situation extérieure <Jui, depuis la constitution de la Triplice, sollicitait toujours l'attention, car la paix de l'Europe était à la merci <l'un incident. Mais était-il possible d'entreprendre un travail sui1i avant d'avoir li,1uidé le prol,li·mc ministériel. Le parti républicain rendait le cabinet Brisson - il n'y avait riC!I d'exagéré, du reste -• responsable de la vicloirc remportée pa,· la réaction: puis les pouvoirs du Président <le la l\épubli,1ue venaient à expiration. Le cabinet Brisson traversa non sans difficultés les débats pl'Ovoqués par le traité conclu avec la I eine de ~ladagascar ef la question de l'é, acualion ou de la non évacuation du Tonkin. Le 28 décembre, les deux Chambres ,·éunics en Assemblée n11tionale, à Versailles, réélisaient par ,15; voix sur è,8\J votants, M. Jules Grévy président de la République, et le 7 janvier, sui,·ant l'usage constitutionnel, un nouveau Cabinet fut constitué sous la présidence de M. de Freycinet. M. Sadi-Carnot y détenait le portefeuille des Finances, M. Sarrien celui de. l'Intérieur, M. Goblel celui de l'lnslruclion publi-

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