216 HISTOIRE SOCIALISTE incohi•renrc; clic laissait le pa)S profondément troublé, donnant Mjà de visibles sig-ncs clc mfronlenlcmcnl dont toutes les réactions cl une poignfo de réprrhlirains ambitieux nllaicnl profiler pour déchainer une série de crises qui allaient agiter profondément la France et lui fair·c rourir les dangers les plus g-rands. Les éloctcurs étaient con1·oqués pour le 1 octobre; la campagne élecloralo fut on ne peul plus active; le rétablissement du scrrrtin de lisl<• avait quelque pru modifié la situation cl rendu toutes les propagandes plus aisée,, car la lullc o,·ail dél,ordé le terrain lroplirnilé des questions cl des influences locales. L'E,tn'mc-(;auche avait adopté un programme d'action ncllcmenl anli-opporluniste cl anti-colonial; il réclamait la Hcvision constilutionncllc basée sur la souYcrninct{• absolue du suffrage universel; la Réforme financii•rc; la Séparation clcs l~glises cl clcl'(:tot; la Héduclion du Service militaire; des lois de Protection cl dï::mancipalion du Travail. La plupar'l de ces réformes étaient peu claires dans letll' énonc{· cl dans leur dérnloppemcnt, surtout celles concernant le travail, mais il faut se h;\lcr de rcconnatlre que l'Extn'mc-Gauchc se lrouYail fort embarrassée, car elle se trouvait placée entre le parti gouYerncmenlal qui avait un programme modéré, il est vrai, mais précis, cl le parti socialiste qui entrait une fois de plus en ligne, malgré les divisions qui l'afTaiblissaicnl depuis qu'une scission s'était produite en 188?, au Congr'i·s national de Saint-1::tiennc, entre ceux que l'on appelait les« ~larxislcs » cl ceux que l'on allait appeler les « l'ossibilislcs ». Les socialistes, quelle que ful la fraction à laquelle ils apparlcnaicnt, arborèrent leur programme avec son exposé de la doctrine intégrale cl ln série de réformes à présente,· au Parlement comme autant de mises en demeure dcsti';,ées à faciliter cl à rendre plus efl'eclive leur propagande. La position du parti représenté par l'Extr~me-Gauche était d'autant plus difficile que c'était parmi ses i•lcclcurs désabusés ou impatients que le parti socialiste dc,ail recruter ses nouveau, adhérents. Quant aux partis de droite, leur lactique fut simple; ils laissèrent à peu pr,'s de côlé les questions politiques; ils avaient compris que le suOragc universel était en grande majorité fortement attaché aux institutions républicaines cl ils ne voulaient pas le heurter de front. lis s'attachèrent à se tenir sur le terrain de cr que l'on appelle la politique pratique, la politique d'riffaircs; leurg critiques porl/>rcnt sur le sysl/>mc financier, le dévoloppemcnl de la Mlle pnhliquc, l'accroissement drs impùls, les ,rangers do la politique coloniale, la poliliqur cl'effaccmenl devant l'Europe cl particulièt'cmcnl dcvanl l'Allcmagnc. lis ne néglig,.,rcnl pas, toutefois, la question religieuse, sachant que si le pays Hait anlirlfricat, il Nait n/•anmoins, par habitude, allach~ aux croya,wcs religieuses traditionnelles dans les familles. EL leur ardctll' devint ,l'autan! plus vive que, d/>s le débul de la périQde élccloralc, ils purent constater que le minisli'rc• prenait une altitude de neutralité telle que les fonrlionnain•s n'osi•rcnt pas intervenir, m~mc rn <1ualili,de simples élcrleurs.
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