'.!12 HISTOIRE SOCIALISTE tous les cfiorts devaient •'Ire consacrés à l'œuvre de réformation intérieure incombant à la llépublic1uc, les autres proclamant que la France ne devait pas 1'lrc affaiblie par des expéditions lointaines; que toutes les forces militaires, devaient <'Ire réservées pour sa défense eu Europe, surtout pour sa revanche des désastres de ISï0-71. Le cabinet Ferry se présenta dcvanl le Parlement arne un programme qui, en résumé, n'était autre que celui de Gambella, cl il ful favorablement accueilli, ce qui démontrait que cc n'élail pas des idées - il n'y avait pas de quoi - que la majorité avait eu peur, mais de l'homme. li devait néanmoins rencontrer 1'11oslililéocculte mais active de l'Elysée plus favorable à la personne de ~I. de Freycinet. El on se mil à l'œuvrc. Après des discussions longues, touffues, parfois violentes, furent volées les mémorables conventions avec les compagnies de chemins de fer, alors que le rachat cul été autrement avantageux pour l'Etat el le public; la réforme judiciaire, fort incomplNe, mais pour l'exécution de laquelle il fallut suspendre l'inamovibilité. Enfin la revi~ion el le changement du mode de scrutin qui avaient été les causes déterminantes de la chute du minisl~rc Gambetta. Le scrutin de liste était adopté el le Sénat était modifié dans son recruleir.enl, en cc sens que, par voie d'extinction, les soixante-quinze inamovibles étaient supprimés el Lous les sénateurs élus pour neuf ans, avec le renouvellement triennal. Mais le cabinet devait soudain tomber dans les conditions les plus émouvantes, les plus . tragiques el les plus pitoyables. Le 29 mars 1885, comme un coup de foudre, survenait la dépêche affolée du général Brière de l'Isle annonçant cc que l'on appela le " désastre de Lang-Son ». Toul semblait irrémédiablement compromis sur la frontière sino-tonkinoise; ce n'était pas une retraite difficile mais bien une déb,lcle. Devant la surexcitation d'une partie de Paris loujoms si impressionnable, la Chambre perdait loul sang-froid, toute orientation el, sur un discours virulent de ~l. Clemenceau, la Chambre rompait avec le minislère Ferry! Vingt-quatre heures plus lard une nouvelle dép~clie apaisait ,l'émotion, la retraite s'cfl'ccluail en bon ordre el l'échec tout momentané se présenlail comme rapidement réparable; mais le monde parlementaire se préoccupai! déjà de la conslilulion d'un nouveau ministère. Tous les appélils étaient en éveil cl les ministrables, leurs clients, se désintéressaient des événements du Tonkin. Ce ful M. Brisson, p1·ésidenl de la Chambre, qui composa le nouveau mi,tislère ... , un ministère de concentration républicaine; il y entrait des éléments si divers, qu'il devait <lire voué à de solennels avorlemenls. M~I. de Freycinet, Allain-Targé, Goblel, Sadi-Carnot, Sarrien en faisaient partie. Son programme était loul de prudence à l'intérieur el à l'extérieur. M. Floquet remplaçait )1. Brisson au fauteuil de la présidence. C'était l'avènement au pouvoir du groupe l'Cnion républicaine qui s'était forn:é entre la Gauch~ Gambclliste cl l'Exlrême-(;auche.
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