J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HIS1'01RE SOCIALISTE raison, qu'il O\'ail lraci· le plan ù,• mobilisation el de mise rn marche du corps d'armée de Bourges pour le port,•,· su,· Pa,·is. quand avait (-Lépréparé un coup d'Elal, sous le Cabinet d,• llorheboui-l, cl,•rical, monarchiste mililanl, élail placé i, la l,'le de l'i·lal-major génfral de l'arm,•e ! 11 y arnil là de quoi rassurer l'opinion dt'jà émue par les accusations Je dictature lancées contre celui qui venait de prendre le pou\'Oi1· d surloul donner conr.ancc aux (·lémenls républicains qui pouvaiPnl se lrouv<'r dans l'arrnèc~ C'élail un défi ou une inconccvahle maladresse; l'elîct en ful désastreux. Les polémiqu<'Ss·rn ag-gravi•rrnldans l<'Srangs républicains; quant aux conservateurs, loin de les apaiser, ces concessions ne fii'enl que les rendre plus ,\pres, plus exigeants. Dès sa naissance, le« grand minisli·re » (•lait morlellemenl allcinl. Aussi bien était-il sou,·demcnt miné par les mano'"' rcs de ~I)1. Jules Ferry, de Freycinet, Hibol, ~lélinc et par l'f:1_,sée oi, le pri•sidcnt Grévy, sous son attitude d'apparence r~senée, strictenwnl eonstilutionnelle, ne c~ssail de• s'occuper activement de politique. Le:?(; janvier l ~t-?, il sécroulail misérablement, apn's l'échec de sa proposition lcntlant ü la substitution du scrutin Je.liste au scrutin d'arronJissemcnl, proposilion-préfare d'une reYision conslilutionnelle forl anodine. A\'cugléc sur ses propres inlfri·ls de classe possédaolc el dirigeante, par ses passions politiques si di,·erscs, si contradictoires, la bourgeoisie fran~aise, par l'organe de S<'S représentants, Yenail de renverser, de réduire à l'impuissance un de ses hommes les plus marquants, dont le plan lui avait ce, tainemenl échappé et qui était de constituer, ~ous l'éliquellc républicaine, un grand parti national dans les rangs duquel auraient pu prendre place Lous ceux qui, pa1·tisans de « l'ordre », résolus à lutter contre les progrès du socialisme, auraient fait abstraction de leurs préférences politiques. Le clergé lui-même y aurait eu son action réservée. Toutes les forces conserl'atrices se seraient groupées autour d'un prng,·amme résumé en ces articles dominants : la tranquilité au dedans; au dehors le rôle prépondérant de la France rétabli. Le cabinet de Freycinet qui succéda au minisll-re Gambella dura juste six mois. li ~vail à faire face à de graves questions extérieures donl l'évolution inquiélail le pays cl l'opinion du monde entier; aflaires d'Extrème-Orienl oil la France se trouvait engagée et a traire d'l~gyple. ~1. Gambella s'était prononcé pour une enlenle cl une action commune al'er l'Angleterre: M. de Freycinet, lui, soutenait avec l'Extn'nw-Gauche, une politique d'abandon, redoutant des complications inlcrnalionales dangereuses. Toutefois, par un hrusquc revirement, il se décidait à proposer une occupation militaire du Canal de Suez. La Chambre des d~putés repoussait la demande de crédits proposée dans ce but et par 450 voix elle rem·ersait le Cabinet auquel ï,, d(>pulés seulement étaient restés r.dèles ! Les partisans de Gambetta venaient de prendre leur revanche. Cc fut un Cabinet bien effacé, présidé par M. lluclerc, qui fut constitué

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==