HISTOIRE SOCIALISTF: un glaçon placé au centre de la fournaise; il n'y fondit pas, au contraire. Soit au fauteuil, soit à son siège de député, quand dans un moment de dépit dont on ne 1"c1llpas soupçonné capable, il cul do'tlné sa démission, il était resté le n1<'me; il ne changea pas durant sa présidence, montrant toutefois une grandefermrt,< en ccrlaincs circonstances; pendant son séjour à l'Elysée, la chapelle ne s·ouvrit pas: le clergt, sans oser l'allaquer de front, ne le lui pardonna pas. ~I. Jules (;rév)· fut, par cxcellP-nce, le parfait représentant de la bourgeoisie rt'·publicainr. Son mC'ssagcinaug-ural ful simple: « Soumis avec sincérité, portail-il, à la grande loi (!u rl-g-i111~ parlcmenlairc, je n'entrerai jamais en lullc contre la volonlt1• nationale f'xpriméc pnr ~es organes constitutionnels l>. Au cabinet llufaure qui s"élail , olontaircment retiré, succéda un cabinet qui fut d"abord une déception. On s'attendait à voi,· ~I. Grévy appeler pour le constituer un homme politique en me. de ceux qui s'étaient montrés au premier plan, durant les incr«antes batailles lin-écs par le parti républicain: )1. Gambetla ou )1. de Frryc,nrt qui a,·ait déjà pris une grande place dans le monde parlementaire. li n"en fui rien. Cc fut ")I. \\"addington qui re,;ul celle mission; l'ancien cabinet était peu modifié: toutefois ~I. Jules Ferry y prenait le porlefcuille de l'lnstruetion publique cl ~I. Le noyer celui de la Justice. ~I. (iambctla fut élu président de la Chambre. On espérait von· le gou,·crncmenl nouveau, tout enlier aux mains des ri·publicains, inaugurer la décisi,·e victoire républicaine par un acte de générosité. pa,· une amnistie complète et sans réserve. l"n projet fut à la ,·érité déposé par le ministi·rc, mais il était tri•s restreint, puisque l'amnistie n'était accordée <1u'aux condamnés déjà graciés el devant être graciés par le président clc la République dans le délai de trois mois après la promulgation èc la loi. Décidément la Hér>ublique se montrait plus indulgente envers les fauteurs de coups cl"Etat qu'envcrs les ré,·olutionnaires républicains. )!. de )larcèrc, alo,·s qu'il était minislre de l'lnlérieur, n'avait-il pas annulé une délibération du Conseil municipal de Paris, allouant une somme de mille francs à un des comités qui s'étaient formés pour recevoir les amnistiés'' L'amnistie était plus qu'espéréc, escomptée·? Par contre, apri·s une discussion fort vive, la proposition de loi· relati,·e à la mise en accusation des ministres du Ili mai se terminait par une simple flétrissure! Le scandale provoqué par les articles du « vieux pelit employé » (M. Yves Guyot), sur les agissements politiques el privés de la police, avait amené la retraite de :\1. de Marcère qui eut pour successeur ~!. Lepère et l'avènement à la Préfecture de M. Andrieux, qui devait s'y montrer l'homme versatile el fantaisiste qu'il a toujours élé jusqu'au jour où, ayant lassé tous les partis, il n'exista plus politiquement. Le 18 juin, le Parlement se réunit en Assemblée nationale pour reviserdans
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