J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE lï les réformes les plus importantes sonl dnesà l'initiati"e des communes les plus démocratiques. C"était donc une préoccupation de d<'f,·nse sociale qui dictait la loi municipale; c1csl encore <'Ill\ qui <lirte les rt'•~i~lmH·~~. mêm<"de Cf'tJX qui, aprt'S avoir rc\'Cndiqué le plus ardemment les franehiH•s municipales pour Paris, un allt'gement de l"élrnite tutelle du pou,oir rent,·al vi,-a-\'is des autres communes, reslcnl sourds à leurs ancicnn('~ n•n\nd1caltons d,.pois quïls ont conquis le pouvoir. Le '?3 juillet l8ïi curent lieu les élections muninpal"s à Paris. l n mois à peine s'était écoulé depuis la rentrée furieuse J,,s troupes régulii-res; pal'lout apparaissaient les traces poignantes de l"cffro)alM tragi·dic qui s'{-tait déroulé,•. Le deuil. la terreur planaient. Les déno,wiations poursui,aicnt leur œuwc de h\cheté et, chaque jour, des arrestatior.s affirmaient que la soif de ri•pression d(•Svainqueurs n·était pas apais,'c. Les professions de foi furent, en général, timidl'S, la campagne électorale assez morne. Paris étail alTaissé, exsangue, après la farouche et large1;aignfr, pins large que celle de juin lb4t-.. Toutefois les résultats furent moins mau, ais qu·on l"anrnit pu prévoir; ""c,· les faubourgs ou\'riers décimés cl tenus sous la menace ou,·ertP de la force publique; sous la menace, moins apparente, mais plus impressionnante des légions policii•res enquêtant, espionnant, donnant quotidienne chasse aux survivants de la catastrophe ùe mai. l)c nombreu" républicains, en majorité modérès, il est vrni, furent élus; certains m,'me d'opinions asse, tranchées pour qu·à cette époque ils apparussent comme des " rouges » au, conservatPurs, monarchistes ou républicains, encon' sous l'impression de la peur éprouvée durant deux mois el demi: Jules )lotlu, Ed. Lockrny, G. Clemenceau, Hanc, Jacques, etc ... Le chiffre des ab,,lentions ful de pri·s de 180.000 et combien d'électeurs n·avaienl osé se foire inscrire: Puis, dans les quartiers aristocratiques, nombreux étaient ceux qui n'avaient pas encore reparu, terrés en p.-ovinre, atten• clanl que Paris, complètement" pacifié", «épuré». leur offrit toulcsgaranlies de lra11quillité pour leur existence d'oisiveté el de plaisirs. La tàche du nouveau Conseil n'allait pas <'lre aist'e, puisque toul était à réorganiser; parliculieremenl les finances mises à mal par l'haussmanisation sans contrôle de la Cité, un gaspillage inouï, les frais de la guerre, les indem• ni lés nombreuses et la lourde contribution à régie,·. Oans ce Conseil, l"élémenl ouvrier n'était pas représenté; ce n'est que plusieurs années après que, grdce à la propagande qui de,·ait s·enlroprendre, parmi <lescomplications et des difficultés sans nombre, gràce à l'amnistie qui allait permettre aux militants proscrits de reprendre leur place de combat, le Parti socialiste, enfin ressuscité, allait entamer la conquête du pouvoir politique, en commencant par la conquNe de quelques sièges dans les assemblées communales.

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