J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

111:-\'l'lllili-: ,;11CI \1,1,.,TI·: mamlrmenl. A Limoges, un gra,·c irwidrnt s'était produil ,,t a,•ait eau,(• dans toute la !"rance une ,<motion lri•s, iw . un orririer. le major Lahor<ll•rc, en présence des inslruclions donnfrs par le gi•nl-ral llressollcs, a,a,l rrude,oirélcn•r une ~ncrgique protestation cl déclar·cr qu'il n,• consentira,l pas à se rendre complice d'un ,·oup de nrnin contre la Conslitulron et la Hépublliquc. On samit qu'asse, nombreux nrni~nl ~li• les officiers •1ui, sans traduire aus~, publi11uemenl leur attachemcnl à la H/·publi,1uc, n'en i'laient pas moins r(·solus à ne pas• marl'her ». si l'ordre leur en était donné. Le gi•ni-ral Brcssoll,•s fut mis en disponibilité; à retle mesure justifiée, le Cnl,inel rfpul,licain, dans sa lirniditf, el au nom <lela disl'1plinc militaire, lro11rn une singuli<'re compensation: le majoi- Lol,onkrc fut mis eu non activil(• par retrait ,l'emploi. On ne pou,ait pas la,s,,,r lïn<li,cipline s'inll'Oduire dans l'armt'r On qualifiait d'indiscipline 1,,respect M ln Constilulro.n cl la lidélit(· au f;Oll\Wnemenl l(•gal, à la 11,•publiquc ! El la Chambre, en majorité répul,licaine approuva. C'était là un encouragement singulier donné t1t1xofficiers ,•{,publicains dont la situation dans l'armée {,tait di-jà si diflicile. L'usage qu·a,aicnl lait des lois su,· le colportage les ministres du lri ma, en am~na la l'cfonte dans un sens plus lihéral ri il en fut de m,'m.e de la loi sur l'étal de sicgc: clic ne fut pas abrogée, mais amcnd(,c en cc sens qu'il ne poumit Nrc déclaré qu'en vertu d'une loi el pour une durée di·lcrminée " en cas de péril imminent résultant d'une gm•rrc étrnngfrc ou d'une insurrection à main armée,,. En cas d'ajournemenl des Chambr,•s, le président de ln llépublil1u,· misait di•clarel' l'état de sii·gc, mais les Chambres s.• réunissaient de plein droit deux jour, après; en cas de ,lissolution, l"état de sii•ge ne pou\'ail etrc décln,·é, sauf l<1cas do gncl'rc éll'ang<'re el sr11lcmcnl dans les lcrritoi,·es menac6s pal' l'ennemi, à ln condilion de convoquer les collèges éleclorau, cl de réunir le Parlcmenl dans le plus IHef délai; enfin, quand par suite de la déclaration de l'étal de sii•ge le Parlement se réunissait, son premier dc,oir de\'ait <'Ire de slaluel' su,· l'étal de si,'gc 'lui sera il 1,•H'de plein droil ,•n cas de di,scntimcnl cnln• les dcu, C:haml,1·,•s. Puis fut ,olée une am111sllelouchant les délits el conlt·a><•nhons au, lois sur la presse, les l'éunions, commis depuis le Hi mai IKi'(ijus'lu'au 11 dél'emlm• 18i'i. Le projet adopté par la Chambre avail un caracli-re de 11{,lrissnrc pour le gouvernement du Ili mai cl ses agents cc caraclfrc lui fut enlc,·é par le ~énal, dont la majorité ne pournil aussi rudement frapper ses chefs. Les questions passionnantes de la politique inlél'ieurc à peu près réglées, en cc qui concernait les lultrs entre répul,licains cl réacteurs, l,•s éléments de droite allaient fusionner pour former un grand parti de con,crrntion sol'ial,• cl religieuee, transportant la lutte sur un tcrrnin commun cl, dans leur haine de la République, oublianl leurs anciennes divisions; les républi('[lins, eux. jusqu'à celle heure unis devant le danger, allaient reprendre leurs positions, divi~és en troie fractions principales : celle qui alloil subir l'inlluenc,• d,• \1. Jules l't•rry;

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