J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

'.?11 IITSTOinE SOCl.\LISTE 1/ 11;, Jï~fî cl 18:H Pour venir en ai<lc ü ces infortunes \'l'aiment émouvantes, de~ souscriptions :;·organisCrcnl partout, mais <'Ornbicnin~uffisanlcs, malgré J't"·l.:111 de gfn<'rosit(• qui se manifesta. JI. Louis lllan,· donna, au 1,l'Ofildes ennuis, une conférence 1~2:\ mars. On attendait avc<· curiosil/•, dans le monde bourgeois aussi bien que dans le monde socialiste, cc qu'allnil dire l'ancien organisateur du « Parlement ouvrier du Lu\'.c-mbourg ,1 rn IR18,qui se réclamait toujours cln socialisme cl avait tant frril sur l'organisation du lra,·ail. llélas ! ~on discours fut exclusi,·emenl consau·,· à J' « llisloi,·e légale de la C.:harili•en Angletrrre »' \'oici, en majeure partie. quelle l'ut sa Nnclusion: ,, La suppression de la misère est, je le sais, cljc J'ai dil bien souvent, un problème trop difficile pour qu'on ne l'aborde pas arec modestie, aYec pruJûncc, avec dér.ancc m<'·mc; il esl trop rnslc pour que sa solution soit resserrée dans telle ou telle conception particulière; il louche à trop d'inlén'ls pour qu'il y ail chance de le résoudre autrement que par J'accorJ de Ioules les bonnes volontés, le concours de tous les cfTorls cl au moyen de réformes grnducllcs, demandées à la science, à elle seule "· C.:cfut une éloquente déception pour tous: quant à la recette, c'élail une goulle d'eau dans un océan de misère! ~lalg,·é toutes les épreuves c9uragcuscmcnl supportées, les travailleurs lyonnais ne se départirent pas du calme le plus grand; une fois de plus le prolétariat faisait crérlil de sa misrre à la République. La bourgeoisie française ne comprit pas encore à quelles causes réelles était duc celle crise; elle l'attribua principalement aux répercussions des crises poliliqucs qui Ycnaient de se produire cl dont l'èl'C ne paraissait pas près de se clore. On lrou,·e la trace de ces préoccupalions dans les nombreuses pélilions adressées au président de la Hépubliquc. Elles produisirent, quoiqu'elles fussent en grande partie inexactes, une grande impression sur cet esprit faible, désorienté el clics curent du moins ccl heureux résultat de le faire renoncer à la politique de résistance que, sur les solli<ilalions de son entourage cl de ses ministres, il semblait ,·ésolu à adopter. Le Sénat, lui, décida la nominalion d'une Commission d'cnquèlc qui eul mandat d'étudier les causes de la crise! On en attend encore les résultats! La f:hambrc allait poursuivre son travail d'examen des élections réser\'ées comme entachées de fraudes cl, pour ainsi <lil'C,chaque invalidation dcvail èlre ,ui,·ic d'une revanche républicaine. Le nouveau Cabinet prenait des mesures contre les fonctionnaires qui, ll'Op ournrlcmenl, avaient manifesté leur zNe en faveur de la réaction cl de la candidature officielle; il ne pouYail se désintéresser du rôle qu'avaient joué certains génfraux, car il élail certain que des préparatifs militaires a, aient élé faits en vue. d'un coup d'État, sous le bref minislhe Jlochcboud. Comme cela ful établi par la suite, la mobilisation du coqis d'armée de eourgcs, destiné à agir sur Paris, avait été organisée sous l'œil vigilant <lu général !Jucrol. Le ministre de la Guerre le priva de son com-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==