HISTOIRE SOCIALIS'I'E 211 el socialislc qui se dressait, mena~ant de tout emporter, ordre, religion, l'amilie cl patrie! Duranl quel<1ucs jours, qui furenl des jours d'anxiélé, se succi·dcnt les combinaisons lour à tour les plus singulihes et les plus graves. Il esl question d'nn ministère llalbie; on parle de la démission du président qu'effare la politique de résistance.qu'on p1·écot)iseautour de lui: des généraux, des colonels ont insisté daiis ce sens. C'est le parli de la modfration, de la légalilé qui finit parl'emporler elle 1-1décembre c'est un cahinc·l Dufaure qui estconstituC-, composé de membres de la Gauche, de la Gauche modérée nalurellemenl. ~l. IJufaurc a le po1·l~feuillc de la Justice; ~J. \\"addinglon est aux Affaires étrangères;~!. de ~larci,r<' à l'Intérieur, avec~!. Lcpèrc comme sous-secrétaire d'Etat; )1. Léon Say aux Finances, avec M. (;ircrd, celui qui, nu cours d'une séance mémorable de l'Assemblée nalionalc, a produit le document élablissanl la conspiration bonaparlisle, comme sous-secrétaire; ~l. Bardoux, à lïnstruclion publique, avec )1. J. Casimir-Périer comme sous-secrétaire; M. de Freycinet aux Tra mu, publics; ~I. T,·,sscrenc de Bort à l'Agriculturc cl au Commerce. Lo porlef'eu1llc de la (;ucrrc a élé confié au général Borel; celui de la ~lariucà l'amiral Pothuau. Ces deux dc1nic1s n'ont pas de passé politique; ils n"ont élé mis en vue par aucune intrigue; ils passent Ions deux pour des tempéraments modérés. Lo 15 décembre l~iï, le ,1ouveau minisli·rc, donl la conslilulion a,·ait pro• voqué une détente nén·~sairc, se présentait dcranl le Parlement avec un mes• sage présidentiel. La crise et ce documcnl n"étaient que la paraphrase du mol comminatoire de ~!. Gambctla "se soumettre lou se démellre ». Après arnir eu la ferme inlention de se démctlrc, le ~laréchal se soumellail. li reconnaissail que les dernières êleclions avaient " affirmé une fois de plus la confiance du pays dans les institulions républicaines » el il affirmait sa rnlonlé d'appliquer dans Loulesa rigueur la Constilulion de 18i;;, donl les principes seraient désormais ceux de son gou,·ernemcnt. Il faisait, en terminant, un appc1 au concours de tous pour rendre !"Exposition universelle L1·èsbrillante. Le minislère fut accueilli avec faveur pa,· la Chambre des dépulés. Cc ful avec un silencieux dépit que la majorilé du Sénat écoula la lecture du message qu'applaudissail \"igoureuscmcnl la Gauche. Elle n'osail blümer oure,·temenl le maréchal de son attilude, mais clic voyail s'évanouir ses espérances; Loule• fois elle avail la relative consolation de se senlir, en verlu mème de la Conslilution, le frein de la Chambre; elle allail joue,· ce rôle avec ardeur el ténacité. En ce qui touche les lourdes responsabilités accumulées duranl la période préparatoire des élections, les partis de réaction avaient bien torl de s'alarmer. Les représailles des républicains devaicnl se borner modcslemenl à des ré\0calions, à des déplacements de fonctionnaires, de sous-ordres qui avaienl souvcnl obéi parce que leur pain tenait à leur emploi. Les grands chefs, les vrais responsables, devaienl <'Ireépargnés: lïmpunilé leur élail assurée comme clic
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