J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE 209 L'activité des propagandistes fut à peine ralentie par les événements du i6 mai el ceux qui allaient suivre, jusqu'à la démission du maréchal de Mac. Mahon. Les plus intransigeants, tout en faisant ardente campagne pour la République contre la coalition réactionnaire déchainée, ne cessaient de faire la critique de l'organisation sociale cl d'inciter les travailleurs à se placer sur le Lerrain de la lulle des classes pour la conquMe de leur émancipation. Par eux Lous la victoire républicaine ful accueillie a,·cc enthousiasme. Plus la République serait solidement établie plus la propagande leur serail aisée. Leur attitude ne pouvait èlre autre, quand Bakounine lui-même, l'apôtre indomptable, passionné de l'anarchie, l'an li-étatiste par excellence, déclarait, au lendemain des élections d'octobre, que la démocratie française venait une fois de plus de sauver la France el de donner un salutaire exemple aux peuples de l'Europe·! Malgré le vent de résistance qui soufllait dans les groupes el cercles réac• tionnaires, jusque dans l'entourage du maréchal-président, certains hommes politiques que n'aveuglaienl ni la passion ni la haine, (j\li voyaient clair dans la situation el se rendaient compte du mouvement irrésistible qui emportait le pays, conseillaient la prudence; à li·op vouloir se heurter contre l'obstacle nouveau qui venail de se dresser, on risquerait de se briser. )lieux valait céder, au moins dans les apparences; rien n·empêchcrail de gouverner pour le parli de la conservation en choisissant un Cabinet modéré quant au républicanisme, décidé à n'entreprendre aucune des réformes réclamées par le« radicalisme ». Des organes modérés, tels que le Jllonileur Universel cl le Soleil préchaienl la «soumission». Ils ne furenl pas écoulés. L'orientation étail à la résistance el celle résistance on l'organisa. Le Cabinet de Broglie, qui avail donné sa démission, la reprit sur l'invilation du maréchal et il se présenta devant la Chambre des députés qui avail réélu son ancien bureau, afin de bien affirmer, par une significative manifeslalion que la nouvelle majorité n'était autre que l'ancienne el que le même esprit l'animait. Son premier acle fut de décider qu'une Commission de 33 membres, élue dans les bureaux, serait chargée de procéder à une enquête sur les actes qui, depuis le 16 mai, « avaienl eu pour objel d'exercer une pression illégale sur les élections »... de constater Lous les faits de nature à engager. n'importe à quel litre, la responsabilité de leurs auteurs, quels qu'ils pussent t\lre "el« de proposer à la Chambre les résolutions que ces faits lui paraitraient comporter,,. Durant les trois séances des 13, 1-1el 15 novembre, celle proposition fut l'objet de d,\bals d'une violence rare; la droite entière se senlail touchée par l'allaque directe mena<;anle dirigée contre le ministère qui l'avait si violemment servie. MM. de Fourtou el de Broglie firent haulemenl l'apologie de leurs actes; 1\1.Gambetta intervint, faisant ressortir les aclcs arbitraires, illégaux, commis, l'usage abusif qui avait élé fail du nom du maréchal : « La vérité, s'écria-1-il, c'est que vous n'hésitez pas à perdre celui-là mème donl

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==