J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

IIISTOIR 1s SOC!.\ LISTE composé, cU·lémrnls difTérenls qui hirntol allaienl se réunir pour former le Parti ouvrir,· socialiste: Le Prolélaire rl /,'/c"galilé. Le premier portail en sous titre. joumal rétmblicain des 011t•riersdémocra/es-socialisles. Le l'rolétaire élail né drs deux Congrès de Paris (18ïf;) rl de Lyon (18ïï), de ce dernier particulièrrmcnl oil, pour la premièl'C fois, al'aienl fié présrnlées lrs idées sorialislrs, lrlles que l'organisation des travailleurs en un parti politique distinct, la socialisation des moyens de production, la répartition équitable des produits du lrarnil, elc ..... J\ la vérité, les socialistes n'y avaient figuré que comme minorité, mais on les a l'ail écoulés, sans trop s'irriter el c'élail déjà un grand progrès fait pour inquiéter leurs guides habituels qui senlaienl veoir le moment où IC'S groupements ouvriers, mèrne purement professionnels, allaient échapper à leur influence vraimenl pa1·lrop modérée. i.a parlie active du prolélariàl, lenlemenl mais s1lremenl, s'arrachait à sa lorpeur. Parmi les rédacteurs du Prolélflire figurairnl des ouvriers inlelligenls, studieux, actifs, dévoués rl énergiques, quand l'occasion s'en présentait : Chabert, Prudenl-l)enillers, Eugi•ne Fournière, Paulard, un insliluleur, A. Lavy, cl lanl d'aulres qui collaboraienl au journal lanl par la plume que par leur modeste obole. Chaque rédacteur ~e cloublail d'un conférencier el tous déployaient une acli,·ilé merveilleuse, suppo,·lanl fatigues, allaques, calomnies, privations avec un courage rare cl une grande simplicité. l:nc grande union existait parmi lous ces mililanls dont l'œuvrc fui considérable, enlrrprise qu'elle était entre tant de difficultés cl de périls de toute nature. Paralli·lcmenl au Pro/élaire, s'était créée l'/:'galilé, hebdomadaire. C'élail à la fois un journal de combat el de doctrine; fondé par Jules Guesde qui re,·enail d'exil, a,·ec l'aide de quelques amis, il représentait le~ idées de l,arl Marx. Quelques semaines après sa fondation, il complait comme collaboraleurs: Gabriel Oel'ille, Brugnol (de Lyon), E. Ferroul, John Labusquière, Paul Lafargue, \ïctor )laroucl,, qui <levait y publier sa belle élude sur les journées de juin 1818, Emile Massard, llenoil Malon, établi à Lugano rn attendant l'amnistie. li avait des correspondants un peu parloul : en Allemagne, Liebknecht el ~Josl; en Angleterre, J.-B. Clément; en Belgique, César de J>ai'pe, le théoricien des se,·vices publics; aux lolals-ünis, Eugène Dupont, de l'Internationale; en Italie, A. Costa, Gnocchi-Vi~ni, i\'abruzzi, Zanardelli; pour la Russie, un ex-rédacteur d'un journal socialiste russe. Inutile de dire que pour l'/:'galilé comme pour le Prolélaire, Ioules les collaborations étaient gratuites, cl que, fréquemment, il advint qu'un rédacteur paya le papier pour le tirage ou les limb,·cs pour l'expédition. Dans l'Egalilé, Jules Guesde publiait réguW·remenl un arlicle étincelant de forme, serré d'argumentation, dans lequel il développait un des points essentiels de la doclrine marxiste, dont il devait êlre le propagateur le plus ardent, le plus actif el le plus efficace, cl sous son action, sous celle de ses collaborl!_teurs, les groupes <l'éludes sociales se formaient, se fédéraient à Paris el en province.

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