J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE qui avaient échappé au massacre, <lurnnl la semaine sanglante, aux arrcsta. lior,s, aux conseils de guerre, de rclcnlissanles querelles s'étaient élevé,•s parmi les proscrits dont les deux principaux éléments, ceux qui lcnaicnl pour la« majorité» de l'Assemblée communalislc cl ceux qui lcnaienl pour la• mino. rilé », se renvoyaient réciproquement, en des pol~miqucs violentes, les rcspon. sabilités de la défaite. L'écho de ces querelles arrivait en France cl nëlait pas pour encourager les hésitants. Ces querelles élaienl, faut-il le dire, habile• ment exploitées par les organes conservateurs de toutes les nuances. C'esl autour de la question d'amnistie que se forma, en réalité, le groupement d'où derail presque aussilùt sortir le mouremenl socialiste actif el renouvelé. Si, à l'éludicr de près, la façon dont avail élé conduite la Révolution du 18 mars prèlail à des critiques variées, d'aulanl plus , ari,·es el conlradicloires qu'elles élaienl exercées sans une documentation suffisante el avec pa~sion, alors qu'on pensai! aux prisonniers, aux dépariés, aux for~als, aux proscrits, l'union se faisait pour réclamer la mesure l~gislalirc qui devait leur assurer la liberté el leur prompt retour en France. C't'lail un mouremenl très intense qui s'élail marqué, déreloppé dans le monde tra,ailll'ur parliculièremenl frappé. Pariou! s'organisaient des réunions. se votaient <lrs ordres du jour cl, à ce momenl, nul ne songeait à élever des récriminai ions el c'était avec douleur, avec indignation, que l'on avait vu des propositions cl'fimnistie repoussées par l'Assemblée nationale, même pai· les républicains dont nombreux élaicnl ceux qui reconnaissaient que la Commune, m~mc va,nruc, avait empêché une rcS· lauration monarchiste. C'est en dehors des syndicats que se ~roupèrcnl donc les éléments ouvriers qui avaient comp,·is la nécessité de reprendre la lraclilion socialiste violcmmenl interrompue. Des groupes <l'éludes sociales commencèrent à se former en dehors des parlis politiques; peu nombreux fu1enl•ils d'abord cl conlre quelles difficullés eurenl•ils à lutter! fréquemment, au sortir de leurs réunions, rcn• conlraient•ils dans les rues les palrouilles organisées par l'élat de sii•gc 1 Quelle attitude allait tenir, sous la jeune Hépul,liqur, la jeunesse frantaisc'/ Telle élail la gra,·e question qui se posait pour le présent, pour l'avenir. Elle venait d'èlrc témoin des plus graves, des plus lrngiqucs événements qui puis. sent frapper la vie d'une nation: guerre effroyable, défaites foudroyantes, Rérnlution pacifique du 4 Septembre, faite dï11dignalion cl de mépris; lutte contre l'invasion marquée par des acles d'héroïsme prodigieux cl de larnen• tables faiblesses; révolu lion politique el socialiste réprimée avec cruauté, manœuvrcs en vue d'une reslauralion, démembrement de la fronli,'rc Esl, incertitudes douloureuses, énervantes durant cinq années sur le gouvernement réel de la France : une véritable anarchie morale parmi la,1uellc ne se ren• contrait qu'un élément actif, à orientation nette, l'élément clérical rcccrnnl son mol d'wdre, son impulsion de l'étranger, de Home. Il y avait de quoi troubler la jeunesse et elle le fut profondément,

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