1\)() HISTOIRE SOCIALlSTE sourù,• ùe qui ne travaille pas, tout en affichant envers lui le respect. li a peur du curé, le salue bas, l'accucill<·, mais le considèl'C comme un paresseux el un lwurcux <JUia sa n<colle Ioule poussé<', amassée dans les cuisses de l'Etol; il n'a quï, I'~ cueillir. Cc n'~sl <JU'avcc regret qu'il so,·l de son gousset les quelques piécclles pour payer de traditionnelles cérémonies religieuses. Ceci est pour cxpliq ucr la popularité qu'onl renconlrée la séparation de l'Eglise el do J'Etal, la suppression du budget des cultes. Cependanl, peu à peu, des crises se sont prnduites qui ont prol'ondénwnt lransrormé l'état <l'esprit <les travail• leurs <les champs el m,'mc du pelil propriétail'C, si fortement allaché à son modl'oh• domaine. En 1H7G,k pays ag,·icolc t\lait notoirement hostile aux idé~s socialistes; il en avait peur cl tllail sous la hantise du « spectre rouge ", <les ,, communistes n el de:,« parlageu!\ )). Cc n'61ail pas sans raison que la prcs:;c couscrrntrice el la presse républicaine dédaraienl aux propagandistes quo s'ils allaient développer leurs idées parmi les paysans, ceux-ci les nccueilleraicnt à coups de rot11·che.Toul cela esl bien changé, puisque le programme collcclivislc n des représentants agricoles au l'nrlemenl cl que des municipalités rllrales lui sont acquises! IJc mllrne qu~ les événements pol,tiques par leur malérialilé onl, ·de l!Sil à l~ili, J.. nl<·mcnt entrainé la France agricole vers la Hépublique, de même les phénom,··nes économiques. avec leu1>malérialilé bien plus effective, l'amènent le11lemenl mais 50rcmcnl au socialisme. La Hépuhlique, malgré ses imperfoclions, les agilalions qui se sont produites, a assuna la ;,écurilé intérieure, une certain(' t,bcrlé el la paix à l'cxléricur; le socialisme, pour ceux qu'affeclenl, que lèsent <lans leurs inlérêls les crises éconojlliques, a le meme caractère; les lrnvailleurs des champs, les petits propriétaires à la vie si laborieuse, si incertaine, ùont les terres sont grc,ées de lourdes hypothèques, viennent peu à peu à lu,, parce qu'il est une promesse, une garantie de travail el de sécurité. Tendis qu'aux premii•res heures de la jeune Ifépublique, les lravailleurs agricoles restent dispersés, ne songent mème pas à se groupe,· pou·,. étudier leur situation cl lcnlet· de l'améliorer, les ouvrie,·s des villes poursuivent la 1·rcon~tilnlion de leurs 1-(fOupements professionnels. Nous avond déjà vu que r1uc les sy11tlicats, disloqués après la llévolulion du 18 mars, .où du reste ils ont joul, un rôle lri•s effaré, pour ainsi dire nul, voiçnt reparaitre une partie de le.urs anciens adhfrenls et en venir M nouveaux. Ce mouvement a eu <l'ahord un caracll:rc purement profcssionn~l, 111utualisle. Toul ce qui, de près ou de loin, peul loucher à la polili11ue ou nu socialisme en esl soigncusomenl écarté. Du reste, rendanl quelques années encore, les syndicats vont rester sous le régime de ln tolérance, puisque leur orgunisalion n'est pas reconuue, que leur fonctionnement n·esl pas réglé, garanti par les lois lis sont placés sous l'arbilrairr de la police; c'est le régime du bon plaisir. Cependant, par une action oblique, ,·cnue de l'extérieur, les idées socialistes y commencent leur pénétra-
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