182 HISTOIRE SOCIALISTE La campagne électorale est ouverlP dans Ioule la France; pour le Sénat, les scrutins sont fixés au 30 janvier; pour la Chambre des députés, aux 20 el ·2ï février. Ces deux élections ont un caractère bien difîérent; le Sénat doit Nrn nommé, pour les deux tiers, par un sufîragc lrès rcslreinl; la Chambre des députés par lo sufîragc uni,·crscl cl au scrutin d'arrondissement. Les inlluences locales y auront une grande pari, beau jeu; elles joueront, dans certaine~ régions, un rôle prépondérant. Comme il fallait s'y allendrc, le Sénat n'avait été créé que dans cc but, les résultats sont diflérenls, pas autant, en apparence, qu'on l'avait prévu. Au Sénat, la majorité est nuance présidentielle. En y comprenant les ï5 inamovibles, il se décompose ainsi : Exlr<'mc-gauchc, 15; Gauche républicaine, :,o; Centre-gauche, 81; Constitutionnels, J ï; Centre-droit el Droite modérée, 81; Extrême-droite, 13; Bonapartistes, 40. A la Chambre des députés, la répartition des partis est la suivante : sur 533, on compte 98 républicains d'Exlrème-gauche; 194 de Gauche, 48 du Cenlregauche, 22 Conslilulionnels, ï5 Bonapartistes, 2:'>~égilimisles, :;5 députés de Droite cl du Cenlre-droil. Le groupe le plus forl était celui des républicains suivant l'orienlalion de ;\!. Gambella. La campagne électorale avait été fort calme, mais d'une activiléexlraordinaire. Chaque parti a,·ail fait un efTort considérable, surtout sur le terrain législatiL Des résultais du scrutin allait dépendre la mise en application de la nouvelle Conslitulion. Les réunions publiques n'avaient été tolérées que durant la stricte période légale cl les banquets avaient été interdits. Le gouvernement, luimème, s'était trouvé fort embarrassé pour agir, car deux camps s'élaient formés dans le sein mème du Cabinet; le camp an li-républicain groupé autour de M. Bufîel; le camp républicain, lrès modéré, il csl vrai, mais enfin républicain, se prononçant pour la mise en vigueur loyale du régime républicain, représenté par MM. Léon Say el Dufaure; une crise avait failli se produire, mais M. Bufîet avait cédé. Ses amis el lui comptaient, du reste, plus sur leurs agents que sur eux-mêmes. En eflet, un grand nombre de préfets exercèrent une pression administrative aussi forte qu'impudenle. ~lais le suffrage universel arnil son siège fait el si les électeurs sénatoriaux hésilèrenl, lui n'hésita pas; il se prononça nettement. A Paris, comme dans le reste de la France, la p,·éoccupaliou dominante fut surtout d'ordre politique. Il fallait, à tout prix, consolider la llépublique en l'arrachant à une majorité monarchiste. Les questions économiques cl la question sociale y tinrent une place fort restreinte. Cependant, le mouvement républicain, à celle heure de luIle suprème, ne fui pas compacl, au contraire. Le combat s'engagea fort résolument enlt·c ceux qui conseillaienl la mod\\- ration, la « sagesse », cl ceux qui estimaient qu'après avoir fait le grand sacrifice à l'idée républicaine d'acceplet· une constitution plulôl monarchiste, il faUail prépa;er pou,· l'avenir une revision qui permellrail de donner enfin à
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