J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCJAl,ISTE Il eurs esprrances. Les autres, plus prudents, plus avisi·s ou plus timides, masquaient le111·smanœun-es, s·allachanl par leur alliludc à rallier erllr masse l)ollanle de l'opinion qui ne sail se conduire elle-m,'me cl qu·cmeul la moin Ire agitation. Ceux-ci mellaienl en lumii-re d1,ux direclrires principal,•s hal,ilement choisies: l'o,,Jre à l'intérieur a,·ec une surtisanle lil,erlt'; le reli-wnwnt militaire destiné à reconqufrir à la France •a !Îlualion en Europe. l>u monde du travail, le plus noml,rcux, toujours , irnnt dans les pires conditions, il n'était question que pour lui enlever Ioule e,pfrancc l'l 1~ troubler soit par la menace, soit par les plus perfides insinuation~. A de rares exceptions pr~s. jusque dans les colonnes de la majorité des journaux à étiquette républicaine, pour la mise à exécution de la dernière partie de leur plan, les différents groupes de la conscrrnlion sociale, renconlraienl de précieuses collaborations. S:rns doute, dès les premières heures, pouvait-on a,·oir quelque espoir dans les rangs du parti républicain, puisque à tout moment, en de noml,reuses circonstances. un réveil se manifestait, uneenlenle se scellait entre les diverses fractions, malgré d'inévitables cl accusées divergences, malgré des heurts parfois violents, tandis que lïncohérence, des rancunes, des haines. des chocs d'ambitions effrénées paral)saicnl el VO<Jaienl à l'arnrlemcnt les conspirations successivement ourdies contrn la République, dont les premières eussent sans doute abouti à une restauration monarchique, si la Commune soci,.Jistc cl républicaine n·eùl surgi. Ce réveil républicain ne devait pas larder à se lraduirP par des ad,·, el, dès lors, malgré les tentatives les plus subtil<'s ou les plus aucla<'i1•us1'<, n nt' devail l'arrêter. En mème temps, dans les grandes , illcs d dans ,·,•1'1:lrns 1·1•nlres industriels où, pins particulièrement et plus dir,·cll-ment. s,· font ,,·11tir l'opprc,sion el la cupidité patronales, devait s'opl'rer le n',·cil prog-rl'~sif il,• la conscience prolétarienne prèle à recevoir la semence socialiste. LP parli d,, la conservation sociale avait démèlé la vérilal,lc signification du mouvement du 18 mars el tous ses efforts après la victoire allaient tendre à le di-11aturer. pour faire du socialisme un objet de rt!probalior, el cl'épou,·ante. Apr~s l'avoir •1ualifié de crime de lèse-patrie, pa,·ce quïl s'était produit l'ennemi occupant encore le sol, alors qu'une des causes de l'explosion avait été lïndignalion contre lïnerlic des gou,·ernants el lïncapacilé des grnods chefs militaires; après l'avoir qualifié de mouvemcnl anti-républicain, parce que. affirmait-on, il pouvait compromettre la République encore inrerlaine, on lui donnait un caractère socialiste, mais en le dénalurani, en forg-t'anl de sinistres légendes bien faites pour terroriser la bourgeoisie frànçaisc facile 11 impressionner el pour ébranler les sympathies instinctives des masses populaires encore mal informées. Aussi bien fallait-il justifier l'hécatombe effroyable de ~lai el préparer l'opinion aux jugements des Conseil~ de guerre, ,wx déportations lointaines et aux prochaines exécutions. C'était faire d'une pierre deux coups : Fondazlone Alfred Lew'ln' Btblloteca Gino Bianco

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