J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

111S1'0JHE SOCIALISH: 151 droite (•lairnl à , au-l'rau; aussi crux du gou, rrnomrnl; dans l'impossihililé où ron se trouvait de donner unr solution quelconque au problème eonstitulionnrl qui sr posait, la mojoril!• de l'Assrmbléo sr décida à partir en vacances Ir 31 juillet; rllr demi! sr rrposrr jusqu'au :3novrmbrr ! c·rst un f~it constant que chaque parti affiche haulrmrnt la pr/:lrntion d'avoir awc lui le pays, parer <1uïl affirme ne Lra,·~illcr ,,110 dans son intérèt. C'est lil le poinl essrnlirl de tout prog-rammr d'action polilique. ()uand on, a au fond des choses, quand on observe plus parliculii•rrmcnl J'C-volution de la !'rance depuis un sii•clr, on en arrirn :l conclure que chaque parti, mème le plus inlimr, le plus Mcrié, a raison, m,'nir aux heures où 1t, mouvrmrnl de l'opinion publique le plus énergiquement hostile semble lui donner lori. Car elle esl profonde la dilTérencr existant enl.-c le sentiment général Lei qu'il esl el les sonlimcnls variés, changeanls. p1·esqur toujours faelices, qu'rxp,·ime l"opinion. La conscience inJividuelle est le résultat d'une cullu.-c momie dévdoppéc: elle rsl difficile à former; c·esl clic qui affirme la 1wrsonnalité de l'individu ayant une suffisante notion de ses inlén'ts, de ses droits, de ses Jel'oirs personnels el sociaux. Lo conscience collecli,·r, cllr, n'cxislc pas; ri,,n n·a conlribué à la fornwr; clic ne peul <'Ire encore, parce qu'elle implique l'id~c dïrnrmonic, ,ré,1'11l,bre dans les conceptions, l'orirnlalion, l'aclion collecli,·c basfo sur la sol11Jarilé, la lihrrlé. l'égalité cl ,1uc le milieu social esl fait d'anlagonismrs, d'incohérences, dr conflils incessants qui suscilonl l'individu conlrc lïndivid11, le groupf" hum:iin (·onlre le group(" humain, la collc-rtivilé ,·onlre l'individu. C'esl le di-sordrr qui domine Ir fonclionnemcnl des organismes suciuux. Chaque parli lour à tour a Lénéfici~, - le cycle n·esl pas encore clos - de ccl ,·lai de choses; il y faul ,oir l'explicalion de ces rcviremcnls Lrus11u1•;q, ui font se su.-c,1dcr les formes de gouvcrnemcnl les plus disparnlcs, les plus opposées. L'opinion puulique esl forn1,·c par des mino,·ilés relativcmrnl inlimcs qui ,·agill'nl, que Jrs circonslances favorisent et qui ne son! que le reflet, plus ou moins exacl, des aspiralions toujours vagues ou Jes besoins fr,'qucmmcnl mal compris, mal inlerprélés de la coll,·cti, ilé, auxquels il faul ajouler ses élans ou ses paniq ucs. Quand, dans L\sscml,léc nalionalc, 1..s dilTércnls groupes politiques s'agitaient, Lous pot>vaienl avoir des espérances; ceux .qui, comme les républicains, araienl gagné du terrain, complaicnl en conquérir encorr; ceux quj en a,·aicnl perdu, comme les rO)alislrs, en reconqufrir; les bonapartistes eux-mèmes, désarmés au point de vue parlemcnlaire, ne reprenaient-ils pas pied dans certains ùéparlemenls '? Cependant, au momenl oil allait se débattre le problème constitutionnel, il élail impossible de ne pas lcnir compte du mou\'emcut élrcloral qui s'était produit depuis la réunion de l'.\ssemblée nalionale jusqu'en septemLre !Sï~; il était caraclérisliquc, puisque snr les lf,6 sièges devenus succcssi;•ement ,•acanls,

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