J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCI.\LISTt :wnil ti·iompht a11prrmi('T tour de scrutin. CP brusquC' l'C'\'Îrf•mcnt l-lail pour pr(·ot.'cup<'r. Il importait d'cnrayrr un rnOU\'("ffif'nl qui pouvait dPvenir dange. r<'II'\. :\1. Cyprif•n (;irrrd, rl(•pulédr la :\ït'•vrP, le 8 juin, produisit à la ti:ibunC' un dornmenl 'l"i r·/>vélailles dessous de l'action bonapartiste. li y avait conspil'31ion. c'était là 111f1ait indéniable; il en apportait la preuve, earee clocumenl ~manail ,l'un Comité de /',lppel ,111 peuple qui si(·geail à Paris et Mail directemrnl intrn·enn dan"' l't-lrclion: t1 Brcornmanclrz birn, disail lP document. à lous nos amis d'appliquer tous leurs soins à nous gagner le concours dei; offi<-i(•rs rrll':-iiléF=ou autrrs fixé~ dans la :-.:,t•vre. Vous pourrez leur ai;::i;::urer que nous sommes en mrsure df' lrs pourvoir avantageusemrnlqua11d on créera les cadres de l'armée lerriloriale.. ;>,;ote1s.oigneusement aussi ceux qui nous sont hostiles ou simplement indifférents. Ci-joint la liste de; norns el adresses despffi<"iers pa~·~s par la recelle de la :\i,'vre, fournis par finances». Celle rh~lalion venant apri·s l'élection d'un bonapartiste dans un d/>partrmrul qui s'était affirmé rl•publicain moins tl'unf' année, auparavant, avail forlemrnl impressionné l'.\sscmblée, lanl à droite qu'à gauche; elle mettait direclemenl en cause le ministre des finances, un bonapartiste avéré, quoique cl'all11rcs modér'ées. Or. ~I. ~lagrw n'assistait pas à la séance. Le cas était emba,..-assanl pour le cabinet qui risquait un échec:, sa chute, s'il parnissail favoriser la propagande de la faction plébiscitaire. Après le ministre de la justice qui Mclara qu'rl a\'ail do9né l'ordre aux procureurs généraux d'ouvrir une instruction sur le document port~ à la tribune, le ministre de l'intérieur, )1. de Fourtou, très embarrassé par sa situation personnelle el une situation parlementaire périlleuse, ne put que déclarer que le C.:omil~ de /'Appel au Peuple serait poursuivi el dissous si, cc qu'il ne pouvait croire, il existait réellement. M. Rouher n'était pas moins embarrassé que les membres du cabinet; il n'hésita pas à menlir - il en avait, depuis de longues ann~es, contracté l'habitude - en affirmanl que le Comité n'existait pas; que le document lu par )l. Cyprien Girerd était apocryphe; qu'il avait élé fabriqué dans un but facile à comprendre el il en profita pour allaquer violemment le gouvernement' de la lJéfrnse nationale, espérant ainsi grouper la majorité sur le terrain de la haine el de la lui le contre le parti républicain. Mais le cabinet el lui s'attirèrent de la part de M. Gambetta une réponse foudroyante. Au ministère il démontra que ~I. Magne, le titulair·e du portefeuille des finances, Sè faisait le complice de la propagande, de la conspiration bonapartiste, en nommant à lous les 1•mplois de son administration pes bonaparlisles militants ou masqués; vis-à-vis de l'ex-vil'e-cmpercur il fui d'une rare, mais très justifiée véhémence: « li est des hommes, s'écria-t-il, en se tournant vers lui el le désignant du doigt, à qui je ne reconnais ni titre ni qualité pour demander des comptes à la Révoluliondu 4 Seplemure: ce sont les nrisérables qui ont perdu la France!. .. •> l~l comme il était ,·appelé à l'ordre par le présidcnl, l'orateur de la gauche ajouta : « li est <·erlain que l'expression qu~ j'ai employée renferme plus qu'un,

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