J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HJSTOlllE SOCIALISTE corps d\ifficiers qui, il faut reconnaitre, èlail composée de partisans fidi•les du rl•g1m<' impérial: ais ne s'en cachaiPnt pas et, en loul(•s <·irconslancrs. affichairnl leur ave,sion envers la Ht'publique. C'élail le sent parti qui, déridé, affirm,H une ligne de conduile net le; serri par un esprit conspiraleur traditionnel il Hait c·apal>lc de toul,•s les audac,•s. Des trois groupes consc1·,·al<•urs, ,1 clait \'raimcnl le senl à profiter de l'action parl(•menlairc; dans celle ,\~seml,l<'e 011 il était intime minorité numérique et qui l'avait soh·nnellcment llNri, d,•s S<·S premièrc•s séances. à Bordeaux. li compt:,it un clcs siens, )1. \lagnc•, dans le ministère; la nouvelle loi d~s maires Sf'•mbluil faite rn Rfl fovt~ur. Quant au duc cle Broglie, loules propol'lions gardfrs, sa , ictoire le plac:ait dans la situation embarra,sèe qu'a,·ai l eue ~I. Thiers, parce qu 'i 1/•lait condamné à ne rien faire de sérieux, d'eflectif au point de vtie politique, sous peine de pro,•oquer les défiances, de déchainer 1,•scol~res des légilimisl<•s cl des bonapartistes; il venait de n•cc\"oir un avl'1'li~srrnrnl sérirux, lors de l'inl<'rvenliou clc ~I. de l'rnnclieu. li alla il, ùu reste, rapiclc>111cnstuccomher. En elîet, il n·a, ail plus qu'une rt•ssource pour exéculC'r ses inanœuvr<1'sorléanistes, g·agner du tr-mps. el le temps ne pou,,ait S<' gagnrr qu'en assuranl le fonctionnement. toute la durée du septennal - 1,, )far/•clrnl-l'résidenl ne représentant, lui, c1ue le cnef impuissant d'un gouvernement d'attente. C'élait de l'action parlementaire qu'il es1,érail une crise fa"orable /J uDmembre de la branche cadette qui, comme chef du pouvoir cxhutil'. m~mc comrnc p,·ésidcnt de la République, préparerait une restauration coustilutionndle légale. Il fai•ait entrer dans ses calculs l'espoir que les progrès du • radicalisme », comme on disait alors, elîra,eraient les ralliés du cenlrt· gauche cl les ramèneraient vers le centre Jro,I. Pour ètre sul,lil, le calcul n'en èlail pas plus exact. loin do là, la France a\'ide surtout de paix à l'intérieur el /J l'extérieur, a"ail la sensation bien ndl<' que tout autre gou\'erncmenl qu,' la H,;pul>liquc pro\'Oqucrait fatalement des discordes ci, iles <•t des aq•nlu1·cs guerrières cl clic allait de plus en plus s'orienter à gauche. C-esl dirl' que les jours du ministi-rc de Broglie étaient comptés. La bataille s'engagea nettement, dé, la circulaire qu'adressa aux préfets le vice-prési,knl du Conseil sur l'application de la loi des maires; celle circulaire portait : « L'Assemblée nationale a conféré, pour sept années, le pou,·oir Héculif à M. le maréchal cle Mac-~lahon, qu'elle a,ait di-jà désigné le ·2~mai comme Président de la République. Le pouvoir qu'elle lui a remis, el dont la Commission constitutionnelle devrn déterminer l'exercice el los conditions, est dès à présent, el pour toute la durée que la loi lui assigne, au-dessus de toute ~ontestalion ». li n'en fallait pas davantage pour appeler les protestations des légitimistes: elles furent "ives, mena~antes, tellomeul qu·,,11cs émurent le duc de Broglie. Pour la première fois il fil sortir le président <l!• son ,·oie passif qui, à son instigation, au cours d'une réponse au président du Tribunal de Commerce de

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