J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

IIJS'I 1111\t,; SOClALIS n: dan~ lrs ra.mpag-1ws, el, malgrt~ Cl'ia, il a {•lt' obligé, pour imposer S<'S candîda.ls, dr rN·ourir à Ja lerfr·ur. IJi~u m<'r<"Î ! ,·ous, Yous 11e faites peur à pe,·,onrw ~ " Le rempl,.~ant d,• l'inoubliabl~ Pascal, aÙ sous-secrétari_al de l'inl~rieu1·, élail leMjà fame1J, Xuma Baragnon, fameux par sa fougue ultra-mérirlionaleel ullraroyalist(•; les organes du pa,·ti le p,·éscntaienl comme le concurrent oratoire de ~I. (;amlwlla, comme un tribun puissant; il n'était d'ordinaire quv lonilruenl. à la wandejoie des frénétiques hobe,eaux el des frémissantes douairières; dans celle discussion, il fut aussi ridicule que M. Beulé, mais, comme laient, il ne pou vail tombe,· d'aussi haut. Ce fui un véritable pllre à la tribune cl son discours valait à peine d'èl,·e prononcé dans la loge d'un concierge dïlenri Monnier! li fallait Ioule la passion politique des droites pour qu'il ne po1·t:\lpas un coup morlel au cabinet dont il faisait partie. Le projet de loi fut adopté, avec deux modifications seulenienl: le maire ne pouvait pas être choisi en dehors des électeurs de la commune el le go\ivernemenl devail déposer un projet de loi complet el définitif sur l'organisation des communes, dans les deux mois qui suiv,·aienl la promulgation de la loi provisoire. Le parti bonaparlislc avait le droit de se réjouir de cc ,·oie, car il était le véritable bénéficiaire de la vicloire du minislère. Tandis que les partis politiques, plus enfiéHés que jamais, s'agilai,rnl pour conserver ou conquérir le pouvoir pour le modifier, lui donner un caractère définitif, le monde du travail commençai! à tenter quelques eflorls ; nous avons déjà indiqué que le mouvement socialiste avait repris; que malgré les menaces, avant le vole de la loi contre l'lnlernalionale, malgré les procès après sa promulgation, des sections s'étaient fondées sur Jivcrs points du lerriloire el la propagande avait élé entreprise. Les propagandistes, il faul le dire, èlaienl peu nombreux: non seulement ils rencontraient de grandes difficullés du fait des entraves mises à leur action par l'arsenal des lois bourgeoises el les mesures policières, par l'absence de journaux, la difficullé de tenir des réunions, mais encore el surloul en raison des méfiances qui se manifestaient parmi les travailleurs. Ces défiances qui, vues de loin, à près de !renie-cinq annéPs d'intervalle surprennent, quoique irritantes pour ceux qui s'y heurtaient, paraissent légitimes à ceux qui ont vécu, étudié de près la période qui s'étend de la chute de la Commune à la proclamation définitive de la Hépublique. Dans les villes oü s'élail manifesté le mouvement révolutionnaire, à Paris principalement oü la répression avait élé si largement pratiquée el où elle se pratiquait encore, les travailleurs s'étaient d'abord repliés sur eux-mêmes; se senlanl surveillés, ils osaient à peine causer entre eux de politique, même de leurs inlérêls corporatifs. La politique qui leur a,•ail valu lanl de déceptions les avait d'abord peu intéressés; ils en étaient las; quant au socialisme, ils en avaient peur; ils ne le comprenaient pas; ceux qui avaient lenlé de le leur

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