J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE 121 ranles. L'Association fnlernalionale des Travailleurs avait fait de nombreux adhérents el de nombreuses sections s'élaienl formées. Parmi leurs délégués au Congrès de La llaye, les deux lendanccs s'étaient manifeslécs cl une hoslililé très vive avait fini par provoquer une scission; une fraclion, la plus faible,~ restanl fidèle au Conseil général, l'autre se rallachanl au programme du Congrès antiautoritaire tenu à Saint-Imier, c'est-à-dire au programme collccti visle-anarchiste. En somme, l'Espagne paraissail désemparée à tous les points de vue : politique, économique, financier, el elle se trouvait hors d'état de l'aire ügurc dans le concert des puissances. L'Angleterre, solidement encadrée dans ses lradilions nationales, réglée dans son évolution politique par son loyalisme vis-à-vis de son gouvernement monarchiste libéral, observant avec une attention intelligente loul ce qui se produisait dans le monde, en vue d'y cueillir de nouveaux avantages, affirmait de plus en plus sa politique coloniale où déjà se manifestait l'impérialisme. Sa llolle que sans cesse elle développait, sa puissance financière obligeaient tous les gouvernements à compter avec elle. Se confinanl dans un habile isolement, elle voyait solliciter son concours éventuel ; elle ne se refusait pas mais se livrait encore moin,s, déjà préoccupée de la silualion que peu à peu mais sûrement se créait l'Allemagne sur les marchés économiques du monde enlier. Elle po,·Lait plus parliculièrcmenl son attention sur le bassin de la Méditerranée, visant déjà l'Egypte, clé de la roule des Indes el de l'Afrique centrale el se préoccupait de l'aspect nouveau pris par la question d"Orient depuis que, la France immobilisée pour plusieurs années, la Hussic portail ses rnes sur Conslanlinople el montrait une grande activité dans les provinces Balkaniques. Sa politique intérieure oscillait entre le parti libéral cl le parti conser·vateur, se suc<:édanl tour à tour au pouvoir, assez prudents tous deux pour faire à la classe ouvrière des concessions qu'ils considéraient comme autant de soupapes de sùrelé destinées à prhenir des c,plosions de mécontentement ou de revendication. Sans se laisser émouvoir ou loucher par les cris des réprcsseurs de )lai, les démarches diplomatiques du ministre Jules Favre, elle avail donné asile à la majc11re partie de ceux qui avaient échappé à la bataille des . rues, aux arrestations en masse, aux conseils de guerre. Elle ne les considérait pas comme un <langer, car elle estimait, non sans raison, que soclasse ouvrière, exclusivement attachée au développement progressif de ses associations corporatives, de ses /rades unions, ne· risquait pas d'èlre contaminée par l'idée socialiste el révolutionnaire. Néanmoins, l'ldéc commençait à se manifester presque imperceptible cl, en quelques années, elle allait réaliser de sensibles progrès. L'ou~rier anglais,enlranl peu à peu dans le mouvcmenlintcrnational, allait prendre sa place de bataille dans les rangs du prolétariat conscient qui plus haut cl plus loin <1u'une question de salaires, de conditions matérielles et

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