120 ltlSTOinE ~ùCIALJSTE non la moins nombreuse, vn modifier son orienlalion pour entrer dans la voie conslilulionnclle, pour mème participer au pouvoir, faire simplement de l"opposilion dynastique. Lïlalie sera bienlol nalurcllcmcnl entrainée vers la politique coloniale; ses yeux se t,,urneronl vers l'Afrique, vers la Tunisie, la Tripolitaine, plus lard vers la côte des Somalis. Celle politique lui sera une source de difficultés intérieures el extérieures el elle contribuera à tendre ses relations a'"ec la France. Enfin, au point de vue européen proprement dil, peu à p~u l'llalie va se trouver entrainée dans l'orbite de la politique allemande; clic va se rapprocher de l'Autriche, pour elle l'ennemie héréditaire, d'oü recrudescence du mouvement irredcnlislc _el augmenlalion ruineuse de charges militaires el navales. L"Espagnc. depuis le pron1111ciami11lo de Cadix, en septembre 1868, donl • la répercussion oblique devait provoquer la guerre franco-allemande avec la <('Jeslion llohcnzollern, avait traversé les crises les plus lnmullueuses, les plus graves. Sous lïnfluence pernicieuse, déprimante, d"un clergé loul puissant, cc malheureux pays, digne d'une plus douce destinée, avait vu les partis polili'tues, les factions mililaires s'enlre-dl-chirer, pour aboutir à l'élcclion d'un roi étranger, Amédée de Savoie qui, après. deux années d'un règne difficile, avait compris que le seul parli honorable el prudcnl qui lui reslail élail de renoncer à la couronne. li avait abdiqué cl la république avait élé proclamée. A l"enlhousiasmc des premières journées a,aient bien loi succédé les intrigues• cl les discordes. Lïnsurrcclion canlonalistc ovail éclaté, Ra place forte élail Carthagène; à l'opposé de ce mou\'ement révolulionnairc Ires complexe, pour ainsi dire inanalysable, éclatait, dans les provinces du i'iord, l'insurrection carliste qui, durant près de lrois années, devait désoler l'Espagne el lcnir en échec les troupes du gouvernement régulier, de la République d"abord puis de la monarchie restaurée par un coup d"élal militaire. El la question de Cuba lullaol pour son indépendance, pour son autonomie, contre <lescapitainesgénéraux pillards, n'était pas pour amoindrir les difficullés. Le parli royaliste el des agents du gouvernement français, eux-mèmes, fa,·orisaienl ouverlcmenl don Carlos el ses partisans dont des chefs tels que le curé Santa Cruz, con~ueraienl une funèbre célébrité par leu,·s vols à main / arnu1e cl lcu,·s assassin91S nombreux. Parmi ces agilalions, donl quelques-unes avaient un caraclè.-e cl un aspect dignes des périodes les plus sombres du )loyen-,\gc, se Jessinail toutefois le mouvement socialisle, mtilhodique, coordonné, avec la nolc <loclri11alecolleclirislc ou communiste dans les centres industriels, tels que la Calalog-ne, oü r/>side la principale force économique el commerciale de l'Espagne; avec l'empreinte aoarchislc dans les régions du Sud, plus particulièrcmenl agricoles, plus malheureuses, plus impalicnles, aussi, faut-il le dire, plus igno-
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