6 HISTOIRE SOCIALISTE ~pisode, carncl<'risti~ucs dont il illustra les plus saisissantes de s,•s pages de la Comédie lt11111ain,. ~i intense ful celle acli"ité industrielle, commerciale el financi~re, qu'elle ne se ressentit même pas des agitations politiques, cependant si profondes dans tout le pays, sur lequel s'exer~ail, par le développement de la presse encore limité par le cautionnement et des lois draconiennes, la r~percussion Ms d(•bats retentissants de l'Assemblée nationale el des multiples, troublantes intrigues se nouant cl se dénouant dans les couloirs du Palais de \'ersailles; dans les cercles el salons politiques. Chaque jour démasquait une manœuHe, une conspiration ayant pour but le renversement de la RépuLliquc au profil d'un prétendant, Henri \' ou un prince d'Orléans. Le parti bonapartiste luimême, maigré la réproLation que lui ,alaienl bien plus les désastres militaires que les dix-huit années d'arbitraire, de tyrannie, ne renonçait pas à l'espérance. Mais, si la République élail entourée d'ennemis, sans compter les amis perfides. plus dangereux encore, elle comptait des partisans résolus, républicains de la veille el de l'avanl-veillè, des partisans d'instinct ,cnus à elle, parce q~·unc terrible expérience avait ouvert leurs yeux sur tous les dangers que peul courir un pays, quand il abandonne ses destinées aux mains d'un homme, roi ou empereur. La République apparaissait à ces ralliés, citadins ou paysans, parisiens ou provinciaux, ouvriers ou bourgeois, d'abord comme une garantie de la paix. Car, malgré les paroles de « revanche » qui déjà se prononçaient, parîois fort imprudemment, par douleur ou ostentation patriotique, on sentait bien que, seule, la République pouvait ,·ivre, se développer sans gloire militaire, tandis qu'une dynastie, même malgré elle, tôt ou tard, par la force même des choses, par la puissance de la lradilion, par l'impérieux besoin de s'auréoler, de se maintenir. serait lancée dans des aventures guerrières. Puis, une restauration aurait élé le signal d'une formidable guerre civile, cl la majorité du pays était avide de paix extérieure el de tranquillité intérieure, Du reste, en ce qui touchail l'élément inlelligcmmenl conservateur, la République de 181S n'avaitclic pas démontré qu'elle était capable de faire régner l'ordre, de défendre les privilèges, les capitaux des dirigeants contre les revendications prolétariennes·> tandis que le monde travailleur, de son cùlé, avait l'intuition que, seule, la République, améliorée par lui, conquise lentement par lui, pouvait de,enir l'instrument de l'amélioration de son sorl d'abord, de son émancipatjon intégrale ensuite. C'est à cc sentiment qu'il faut allribuer le rapide acquiescement de la majorité du pays à la République, malgré la propagande active de tous les partis de réaction, puissamment aidés par une administration Ioule à leur dévotion, un clergé stimulé par Je \"atican. Il faul reconnaître, en outre, que les tiraillements, les menaces haineuses, l'impuissance ,ridicule des droites
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