Jl2 HISTOIRE SOCIALISTE lralion peuplée de leurs créatures, de l'armée, ils comptaient su,·loul sur des bataillons d'une activité autrement puissante: les bataillons de l'armée cléricale. En efiel, l'agitation cléricale, qui s'était déjà manifestée assez intense, mais qui arnil abouti au retentissa:il fiasco de la pétition des évêques devant l'Assemblée où, cependant, la majorité lui était favorable, se scnlail désormais sur un terrain plus sùr el, aussilôl après la Yicloire du 2-1mai, la conslilulion du nou,·cau ministère, elle pril une recrudescence qu'on ne lui avait pas connue depuis les premières années de la restauration el que la monarchie de juillet, l'empire, lui-mème, n'auraient pas tolérée. ~lissions, pardons, pèlerinages s'organisèrent parloul, avec l'empreinte éclalanle du royalisme el l'ullramonlanisme. Chaque église, chaque chapelle devint une place forte, chaq11e chaire une tribune politique, chaque confessionnal un poste a,·ancé. Clergé séculier, congrégations, jésnilières, loul se mil en branle, au moment même où l'Espagne de l'inquisition se mettait en république! « L'ordre moral» devin lie« gouvernement des curés.» La guerre à la presse républicaine, qui n·avail du reste pas cessé un instant, reprit de plus belle; innombrables furent les procèsintenlés, les condamnations prononcées; dans les départements encore placés sous le régime de l'étal de siège, la besogne était moins compliquée, plus rapide. L'action de la justice militaire contre les nombreux p1·isonniers du mouvement communalislc ne s'élail pas interrompue, on fusillait encore de temps en temps, pour faire des« exemples»; loin de se ralentir, elle s'activa fiévreusement; les départs en Xouvelle-Calédonie s'organisi•rent; bien mieux, on procéda encore à de nouvelles arresla• lions; les dénonciations ne s'étaient pas apaisées. M. A. Ranc, qui avait été élu membre de la Commune, mais qui, dès le 6 avril, avait donné sa démission el élail un des plus fermes, des plus dérnués partisans de M. Gambetta el de sa politique peu sympathique au mouvement du 18 Mars, avait élé récem• menl élu député du Rhone; il était plus qu·é,·idenl qu'on ne pouvait l'incriminer comme« communard ». li le ful cependant el une demande en autorisation de poursuites ful adressée contre lui à l'Assemblée par le général Ladmiraull, gouverneur de Paris. Elle ful ,·otée; il se rencontra seulement 13ï députés républicains pour s·y opposer. M. Hanc, nalurellemenl, - c'et\l élé de la candeur d'attendre - a,·ail mis la frontière entre lui el _leconseil de guerre qui le condamna à mort, par contumace! Cc seul fait, monstrueux, élail pour indiquer l'étal d'esprit du parti conservateur cl de cc parti« modéré» donl le républicain-plébiscitaire il!. de Laboulaye élail le plus bel ornement. Le mol qui avait été prononcé se justifiait de plus en plus: « Quand il s'agit de politique efTeclive, il y a trois partis dans la majorité, mais quand le cléri• calisme esl en jeu, il n'y en a qu'un el il est indivisible». On le vil surloul lors de la discussion des interpellations relatives aux odie.uses mesures prises par le préfet Ducros contre les enterrements civils, à l'altitude de la délégation de
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==