J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

98 HISTOIRE SOCIALISTE daturc de )1. de Rémusat et déclaraient dangereuse celle de l'ex-maire de Lyon, M)I. Gambetta, Rouvicr, Challcmel -Lacour, Louis Blanc, Edmond Adam appuyaient la candidature Barodel et, dans une grande réunion privée à Belleville, Gambetta prononçait un grand discours en sa faveur. Après le sttccès de M. Vaulrain conlre Victor Hugo, les modérés escomptaient une nouvelle erreur de Paris; grande fut leur déception : M. Barodet fut élu par 180.000 vo'x contre 135.000 à M. de Rémusat; la candidature du colonel Slofîel ne rallia que 'lï.000 voix. C'était un écrasemer.l pour la réaction bonapartiste el cléricale, un grave échec pour. M. Thiers. La victoire républicaine remportée à Paris fut accueillie avec enthousiasme dans tous les centres démocratiques. On écrivit, on a écrit depuis que celle élection joua un rôle prépondérant dans les manœuvres menées par le parti conservateur contre le chef du pouvoir exécutif. Assertion inexacte, incrimination plus perfide que fondée. Toul était prétexte aux adversaires de M. Thiers pour le comballre, aussi bien ce dernier, par son attitude si fréquemment indécise, par ses nombreuses capitulations, par ses obstinations étroites, avait-il fini par lasser tout fe monde. En réalité ce n'était plus qu'une épave ballottée, puisqu'il n'avait su ou voulu se fixer; il allait être emporté au premier orage sérieux. Chaque élection lui avait élé une indication, un avertissement; il n'avait voulu ni voir ni entendre, Les scrutins des'.!, avril cl 11 mai, dans les départements, devaient, une fois de plus, affirmer le développement du parti républicain el l'orientation d'une importante fraction vers le radicalisme, lei qu'on le concevait à celle époque; dans tous ses programmes électoraux figurait la prompte dissolution de l'Assemblée nationale. A Lyon, sur six députés à élire, cinq furent républicains, dont M. A. Ranc; dans les Bouches-du-Rhône, M. Edouard Lockroy ful élu, Partout, saur dans le Morbihan el la Charente-Inférieure, où un clérical-monar• chiste el un bonapartiste ballirent, à très peu de voix près, les candidats rép·nblicains, l"écrasemcnt de la réaction fut complet. Perdus au point de vue électoral, le part, monarchjstc cl la faction bonapartiste n'avaient plus d'espoir que dans l'action parlementaire et, au besoin, extra-parlementaire; ils allaient se mettre à l'œuvre dés la rentrée de l'Assemblée. lis se sentaient ragaillardis depuis que M. Bullet avait remplacé M. Jules Grévy au fauteuil de la présidence; c'était bien lï1omme qui conv·cnail à leurs projets ; autant M. Grévy s'était montré froid, apathîque el avait eu, en des circonstances graves, une attitude inexplicable. autant M. BufTcl allail manifester sa partialité, son activité, sa haine des idées républicaines les plus modérées. Sous sa présidenCI), les énergumènes, les grotesques de la Droite allaient donner libre cours à leurs rantaisics, fréquemment du gotlt le plus déplorable. Sous des déclarations libérales, c'était un ~utoritaire énergique el obstiné, à mine renfrognée. '11avait manifesté sa « poigne» duranl les vacances à l'occasion él'un discours prononcé par 1\1. Jules Simon, à la' Sorbonne, dennt

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