J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

i8 IIISTOIRE SOCL\LISTE je Ir tlisais l'autre jour, dr re,·enir sur les événements accomplis; clic doit être de IC's ar1•t\fcr, de !rs susprendre, de les ralentir ou moins, rl la guerre, au contraire. les précipiterait. « Je n·ajoulerai pasù'autres raisonsqur je pourrais vous donner crpendant; elle sont bien fortes, t."'l ,·ous les connaissez comme moi. t~ La g11r1TC' serait clone un" folie; mais si la gucrr<' est, scion moi, une folie, je trouve néamnoins ,·otre conüance. honorable sans doute pour vous el pour ceux auxqurls Yous la tl5moignez. je trouve votre confiance quelque peu hasardée; car je ne puis regarder lu Pn1ssc comme une puissance au~si peu oOensivc que vous paraissrz le croire; cl favoue que je oc suis pas disposé à lui dire, ainsi que vous sembliez le raire CPs jours derniers: \·ous si bonne voisinr, si Msinléressée. si revenue du système des annexions, si peu portée à jalouser ,·os voisins ... (on ri/); non, je ne vois pas avec déplaisir, avec jalousir toul ce que vous préparez ... « ... On nous dit : ~lais la Pru~se a de bons procédés pour nous. - Tanl mieux: On ajoute qu'elle ménage nos susceptibilités nationales! - Tant mieux encore! Pourlanl si vous pouviez voir toul ce qui s'imprime à BcrJin, soit sous forme de journaux, soit sous forme de gravures satiriques, vous reconnaitriez que nos susceptibilités ne sonl pas ménagées autant que vous le di les. « ~lellous cela de côlé, car des arlicles de journaux, des caricatures ne sont ricu. ~lais enfin, soit! La Prusse ménage nos susceptibilités nationales; je le crois. )1. de Bismarck esl un homme forl habile, et il comprend qu'une nation aussi puissante, au,si chatouilleuse que la nôlre a l.,esoin d'èlre m~nag/:e. Profitez-en sans y ajouter toutefois la confiance si absolue qu'on témoignait ici l'autre jour. Je ne suis donc pas pour celle politique ambitieu,c qui serait le signal de ravages dans le monde, mais je ne suis pas non plus pour celle politique trop conûante que je viens de décrire; je suis pour une politique vigilante. » )lais, encore une fois, comment M. Thiers pou,·ait-il se dissimuler à luimème qu'il rendait la guerre inévitable·? Il avail beau demander que la France donn,\l l'exemple du désintéressement el de 1a sagesse, renonç.H à ces folles pensées ou ~ur la Belgique ou sur le Luxembourg, qui avaient inquiété les esprits. Il avait beau presser l'Empire de ne plus revenir à êes formules sur les « grandes agglomérations » qui semblaient contenir en mème temps qu'un acquiescemenl aux ambitions italiennes el allemandes, l'a,•eu des ambitions françaises. li sarnit bien, il ne pouvait pas ne pas savoir que Home représentait pour l'Italie un intérêt plus vital et d'un autre ordre que le Luxembourg pour la France. Il ne pouvail pas ignorer qu'il ne surfisait pas que la France renonçât à la Belgique pour que l'Allemagne renonç,\l à son unité. Que la Fran<·e déjà constituée, organisée en une nation compacte et forte, répudilll Ioule pensée de conquête sur le peuple de Belgique dont nul citoyen ne l'appelait, ce n'était pas une raison pour les patriotes des États allemands d'aban-

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