ï(j HISTOIRE SOCIALIS'l'E vaut-elle·! Oü menait-elle la France·! Elle la menait à la guerre : el quelle guerre! L"neguerre simultanée contre toute l'Italie el Loule l'Allemagne; une guerre oit la France aurait engagé sa vie mème, dans l'inlérèl de cette papauté qui lan~ait en ce moment mèmc le syllabns, et de celte Autriche que les ,1pres leçons de la défaite avaient convertie depuis quelques mois au libéralisme et que la vicloirn catholique de la France impérial~ el de la papauté son alliée aurait ramenée bien vite dans la voie de l'absolutisme clérical. li est impossible de comprendre comment M. Thiers a pu se flatter que sa politique était conciliable avec le maintien de la paix. La contradiction est criante. li disait, le 1-1mars: « La seule politique honIH'te cl raisonnable, c·csl de SC mcllrc à la tète de tous les intér<'ls menacés cl de dire : ,\u nom de lï1onnètcté de la France, au nom de sa force que vous ne contestez pas, au nom de cc qu'elle a été cl de ce qu'elle doit rester dans le monde, la France, au liru de se prèter à celle dévastation de l'univers, viendra <l éfcndril tous les intérèts menacés et les appellera à se ranger derri,'rc elle pour prévenir de nou,·elles iniquités. » (.llouveme11/sd'approbation.) « Celle politique, en oui rc, peul èlrc celle de la paix. Pour ma par.l, je ne veux pas (pardonaez-moi, ~lcssieurs, celte expression individuP.llc qui ne convient à personne}, pour ma part,jc ne veux ras la guerre. La guerre serai! une extravagance, passez-moi le mol; elle précipiterait les événements quïl faut arrèter. La vr~ic politique, c·cst, en admcllant ce qui esl fait (on aurait pu l'empêcher el on a eu lorl de ne pas l'cmrèchcr, mais il n'est plus temps), c'est en admettant cc qui esl fait, de déclarer hautement qu'on ne sou0rira pas que les choses aillent plus loin. La vraie poliUquc, c'est non pas de vouloir réagir con Ire les é,·énerrwnts, mais de les arrêter, de les suspendre, de les ralentir au moins. Voilà la vr;oic politique. Pour cela, faut-il la guerre·? .'ion! mille fois non! La paix, la paix suffi! (Bruit). « )Icssieurs, ne mïnterrompez pas; il me semble que celle queslion es! bien sérieuse, cl quo je m'eflorcc de la traiter sérieusement (Oui, oui,parlt: ! parle:!/ « Eh bien! la paix suffit-elle à relie polili.quc ·? Je le répèterai: oui! cl en voici la preuve: c'est qu'aujourd'hui on compte avec nous. Le Gouvemement a dit que la Prusse évitait de blesser nos susceptibilités nalionalcs, et c'est vrai, je le reconn~is. Il faut profiler de celle situation; on compte avec la France el _l'on a raison; la france prouverait à qui en douterait qu'il faul compter avec elle (Oui! oui! vive approl,alion). « Cela suffit pour que la politique de la paix l'emporte, appuyée sur une conduite sage el forte. » li insistait sur ces idées le 18, mais avec une nuance plus marquée de doutP et de défiance: « Non, je ne suis pas pour la gùerre, je le dis ooo pas dans le désir de llalter telle ou telle opinion, mais parce que je regarde la guerre comme une folie. Quelle doil <'Ire notre politique·? Elle ne doit pas être, comme
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