J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOIRE SOCIALISTE l'cflorl, de toute la pensée d'un peuple rort qui n"ail quo des intér êts nllemnnds. Ah! si la Prusse po,nait comprendre qu'elle oc pourra vraimen t créer, même sous sa direction, m~mc sous sa suprématie, l'unité allemande q u'en rcspcclanl toute la parl d'aulonomic des 1::1atsqui n'est pas incompatible av ec celle unilé ! Si elle pouvail comprendre que le Hai mo)Cn de rassurer l'Allemagne, c'est de lui donner la lil>erlé pol,liquc, c·,•sl de lu ramener, par la vaslc communaul~ d'un Pademenl Mlional, /1 ces beaux jours d'csp/•rancc cl de r;;vc de J8-l8! Cc serait Iïd~alismc de c·r lr111ps dt· jrunt-.5:<', mais saossrs illm.:ions, sans son ine"<péricncc, sans !-011 imp11is~a11cc. Cc sr rail l'iJt'alisme armé, efficace: la Prusse eITaeerail enfin le trisle refus qu'elle opposa alors à l'unilé allemande par peur de lu démocrati,· cl de la liberté. Ce hcau song~ recommencerai t, mais vivanl celle fois, cl réel cl substanlic!. ~ans dout,,, ce ne serait pas encore la grande unité, ce ne s erait pas la « grande Allcmagm· », puisque l'Autriche c11 serait exclue; mais quand l'Aulrichc serail déchargée de cc fardeau de la politiq11eallcnrnndequi cmbarrass~il sa marche, qua,{d elle ne se heul'lcrail plus à la Prusse sur le dirr.cilc Lerrain d'Allemagne, pourquoi la nalion allemande ne conclurait-elle p oint avec l'Autriche un paclc d'alliance qui srrail, sans confusion, sans frois sement, l'équivalcnl clc la granJc unité'! Ainsi, dans lrs cu•urs profonds cl lroul>lés s'opposaient, se c roisaienl les crainles .-t les espérances. Si donc lu l'rnsse triomphe, si elle sail appara itre ,lans le combat, dans la victoire, comme l'o:ganisalricc de l'u nité allemande, si elle sait, darrs le rombal, dans la vicloirc, raire une pari aux forces de liberté cl de démocratie, beaucoup de ceux qui se disaicnl ou se croya ienl ses advct·- saires re,iendront à elle; el cc rre sera pas IUchc acquiesccmenl b la victoire, cc sera, pour 1,caucoup <l~ conscie11ccs alleman<lcs1 reconnaissance de lt"ur propre pensée. Ln démocratie française aurn-l-ellc, au lendema in de Sado" a, assez de clairvoyance el de désinléresscmenl, cl, sous le coup marne des événements, une sufCisanlc force d'analy-c pour dém0ler les termes compliqués du problème allemand·> M. de Bismarck a manœuvré de façon habile. \'oulanl en finir a vec l'influence allemande de l'Autriche par une guerre à fond, il a donné comme programme de ln poliliquc prussienne : 1° Exclure l'.\ulriche de la Confédéra• lion; 2° Conslilucr un Etat fédéral oü 10111 J., 1>cupleallemand sera représenté par un Pnrlcmcnl nolional élu, comme en 18-Hl, nu suffrage un iversel. C'élail évoquer au pro0t do la Prusse des souvenirs émouvants el d e hautes espérances. M. de Bismarck u'élail en aucune ra~on un démocrate ou un parlementaire. Livrer au suflrnge universel ou à une Assemblée la conduite des affaires de la Prusse cl de l'Allemagne lui cQI semblé un abandon crimi nel des droits de la monarchie. mnis surtoul une aberration, une rechute dans l'anarchie d'oi, il es~ayail pnkisérncul de tirer les peuples allemands. Il, v enait pendant quatre ans de luller conlrc le Landlag el de irouverner sa111 budget consenti

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