HISTOIRE SOCIALISTE 487 11Jer/i11. - Toul cela ne r~pond pas aux actes pour lesquels vous èles ici. Ferré. - Cela signifio que j'accepte le sorl qui m·cst fait. l'ne condamnation à morl répondit à ces nobles el fières paroles. Lullicr, mais pour la forme seulement - il devait être grùcié aussilol - fut frappé de la mème peine. Les autres, sauf Decamps cl Parent acquillés el Courbet cl Victor Clément que l'on tint quilles avec trois cl six mois d'emprisonnement, rurenl condamnés aux travaux forcés à perpétuité el à la déportation. Cependanl les 30.000 cadavres que son armée lui avait faits, non plus que les 45.000 prisonniers qui agonisaient sur ses pontons cl dans ses geôles ne suffisaient pas encore à la réaction pour éteindre la soif de sang el de réprnssion qui la brOlail. Elle entendait, en clîet, que pas un des vaincus ne lui échappàt el la pensée sen le que quelques-uns d'entre eux, la frontière franchie, pussent trouver un refuge su,· une lcne hospitalière empoisonnait son triomphe cl sa joie. Dès le 'l6 mai, Jules Favre, s'inspirant de ces sentiments implacables, avait adressé à tous les agents de la France à l'extérieur une circulaire, ,·érilablc monument d'infamie. Il y disait: « L'<t>uvrc abominable des scélérats qui succombènt sous l'héroïque efîorl de notre armée ne peul ètre confondu avec un aclc politique. Elle conslilue une série de forfaits prévus el punis par les lois de tous les peuples civilisés. L'assas!inat, le vol, l'incendie systématiquement ordonnés, préparés avec une infernale habilelé ne doivent permelll"e à leurs complices d'autre refuge que celui de l'expiation légale. Auc,mc nation ne peut les couvrir d'immunité, cl, sur le sol de loulcs, leur présence serait une honte et un péril. Si donc vous apprenez qu'un individu compromis dans l'allenlat de Paris a franchi la frontière de la nation près de laquelle vous !lies accrédité, je vous invite à solliciter des autorités locales son arreslalion immédiate el à m'en donner de sui le avis pour que je régularise celle situation par une demande d'extradition ». Depuis il avail multiplié les démarches officielles cl officieuses auprès des chancelleries pour aboutir à ses fins. Si plate, après la défoile, devant les monarchies européennes, si accommodante, la France bourgeoise se faisait avec lui à celle occasion, raide, hautaine cl presque pro• vocanle. Aprement, impérieusement, elle réclamait les fugitifs au nom du droit international el de la morale uni,·erselle. L'Espagne cl la Belgique seules s'étaient abaissées pourtant à écouler de prime abord ces honteuses propositions. D'Angleterre, Gladstone, président du Conseil, avait répondu « que son gouvernement aurait à examiner jusqu'à quel point el dans quelle mesure les personnes réclamées par les autorités françaises pourraient être considérées comme des accusés politiques ». Ce qui, dans les formes protocolaires, étail, avec le refus, la leçon donnée aux dirigeants républicains descendus au-dessous des bandits de llrumaire cl de Décembre. La fin de non-recevoir du gou,•ernemenl britannique décida de la suite. Les unes après les autres la plupart des puissances, mOme la Belgique,
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