J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

486 IJISTOIRE SOCIALISTE en hachi•1·rnl la leclurr, car rien ne saurait mieux peindre cc <JUC furent les débals de, anl cr tribunal d'assassins cl les autres qui fonclionn~rent à côté: ,\ler/i11. - La parole csl au défenseur de Fcné. ,11• .llar,·ha11d. - ~lessieurs, pour se conforme,· à la loi, on a d0 donner un défenseur à Ferro cl M. le Président m'a nommé d'office pour rempli,· ce devoir. Mon clienl a déclaré ne pas vouloir de défenseur. Je demande, au nom m~me de la libe,·lé de sa défense, q_u'on lui accorde la parole pour qu'il la présente lui-m,'mc.' ,1Jerli11 (à Ferré). - Avant de vous donner la parole, je dois vous dire que je ne souffrirai rien qui soit un éloge de la Commune. Vous n'avez pas ici à l'c,allcr, mais seulement à présenter voire défense et à répondre aux accusations dirigées contre vous. Ferré. - C'est pour me conformer à celle recommandation que j'ai écrit les paroles que je me proposais do prononcer. ,- Ferré (lisant). - ~lessicurs, après la conclusion du traité de Pai·is, conséquence de la capitulalion houleuse de Paris, la République était en danger. Les hommes qui avaient succédé à l'Empire, écroulé dans la boue el le sang ... Merlin. - Ecroulé dans la bouc et le sang ... Je vous arrote. Esl-ce que votre gouvernement n'était pas, lui, absolument dans ces conditions? Ferré. - Ces hommes se cramponnaient au pouvoir, el, quoique accablés par le mépris public, il~ préparaient dans l'ombre un coup d'l~lat; ils persistaient à refuser à Paris l'élcclion de son Conseil municipal. Gauea11. - Cc n'est pas vrai. Ferré. - Le 18 mars, il n'y avait pas encore de loi autorisant les élections. Merlin. - Je vous préviens une seconde fois; à la troisième je vous arrêterai cl vous retirerai )a parole. Ferré (cQnlinuanl). - Lesjoumaux honnêtes cl sinc/>1·esétaient supprimés; les meilleurs pal riotes étaient condamnés à morl ... Mal'iin. - Asseyez-vous, je vous relire la parole el je la donne à votre défenseur, s'il a quelque chose à dire. Ferré . ....'.Je n'ai plus que quelques lignes à lire cl je désirerai surtout lire les dernières qui ne concernent que moi. Merlin (sur les insistances de l'avocat ~larchaod). - Qu'il les lise. Ferré ..- Membre de la Commune de Paris, je suis entre les mains de ses vainqueurs. lis l'eulenl ma tille; qu'ils la pl'Cnnenl. Jamais je ne sauverai ma vie par la làchelé. Libre, j'ai vécu; j'entends mourir de mèmc. Je n'ajoute plus qu'un mol. La fortune est capricicusr. Je laisse à l'avenir le soin de ma mémoire cl de ma vengeance. Merlin. - La mémoire d'un assassin! Gauea11. - C'est au bagne qu'il faut envoyer un manifeste pareil.

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