J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

4(i6 HISTOIRE SOCIALISTE Villette qui bn\lenl avec leur enlassemenl de malii•res inflammables, d'huiles rninéralcs. d'essences. clc pétroles. On crul à \'ersaillcs, cc soir là, que Paris enlier flambait. \'cillée d'armes lugubre el désespérér. Les hauteurs clu XIX• cl du .\X' sont devenues le camp de refuge de tous les braves qui veulent combattre encore a"anl de mourir. Les débris des bataillons campent en pleine rue, sur le sol JNrempé. Le jour se lève sale cl gris. La situation esl celle-ci: les fédérés, massés principalement sur les bulles de Belle\'ille el du PèrcLachaisc, occupent un demi-cercle dont les deux extrémités s'appuicnl aux remparts, vers les portes de la Villcllc el do Bagnolcl cl donl la corde flollanle suit le canal de la \ïllcllc à la Bastille pour so perdre dans le méandre des rues à la droite du fnubourg Saint-Antoine ol du quartier de Charonne.. entamé dès la veille. 1 Les Ycrsaillais ont déjà repris leur marche en avanl. Dès 9 heures du malin, Vinoy est maîlre de toutes les défenses de la place du Trône el prend à revers le boulevard Voltaire. Douay remonte le faubourg du Temple qui résisle avec fureur, Clinchanl, le boulevard du Prince-Eugène. l'ic pouvant la lorcer de front, celui-ci tourne par la Bastille, la formiJable barricade du boulevard Hichard-Lenoir. Le cercle s'est rétréci encore. LesCommuncux sont définitivement acculés aux Bulles-Chaumont cl au Père-Lachaise où conlinue à lonner leur artillerie. Officicllcmcnl, un certain Hyppolyte Parenl a pris la succession de Delescluze, mais dans le rail. c'esl Hanvicr avec Passcdoucl qui commandent; ils sonl l',\me de celle résistance suprème. A la rue Haxo, on trouve encore une quinzaine de membres de la Commune: Jourde, Vaillant, Varlin, Vallès. Cependant l'épilogue du grand drame se prépare. Cenl obus par minute éclalcnl sur Uelleville; tous çeux dos habitants qui ne comballcnl pas se sont réfugiés aux caves. Les trois quarts de l'armée de l'ordre, cent mille hommes sont là pour en finir d'un coup, écraser la poignée de héros qui préfèrcn't périr que renoncer. Les deux ailes de l'armée sont su,· le point de se rejoindre. A 8 heures du soir, Vinoy cnli•ve le Père-Lachaise; on s'y bal jusque dans les caveaux cl les lomi.,cs. Ladmiraull continuant malgré les ténèbres son mouvement enveloppant, s'empare do l'abattoir de la _Villelle, franchit le canal el arrive aux pieds des llullPs Chaumont, dont les canon~ sont enfin réduits au silence, faute de munitions. A l'arme blanche, il lente l'escalade cl après six heures de combat il en déloge les derniers fédérés. Il est 4 hem·cs. Le jour qui se lève trempé de pluie en celle matinée du dimanche, 20 mai, va voir les ultimes soubresauts de la Révolution, terrassée el piétinée. On se bal dans le haut de la rue d'Angoulême el a,.ll faubourg du Temple. Gambon, J.-ll. Clément, \'arlin, Ferré, Géresme se dépensent encore aux barricades. Mais la fusillade ee fait plus rar~, inlermillenle. Les cartouches manqucnl avant les hommes. A 2 heures, rue Hamponneau, le dernier coup de fusil esl tiré. C'est fini. La Révolution esl morle.

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