J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

lf,O HISTOIRE SOCIALISTE !"assassinée·! Oui, mais C("Ux-làaussi qui éf'rivanl au joul' le jour dt•s 6\'éncmcnls n'a\'aicnt d'antre hul que de glorifier la réadion el son armée. Voiri, par exemple, l'aven que laisse échapper sans s·<'ndouter, sur les al rorMs ,p,i marqui'rcnl celle journée dr mcrcrc-Ji, le publil"isl<' vrrsaillais, .Je,iersl,i. rédacteur an journal le Tempo, ami de Thiers: « ~lalgré les obus, la foule se porle snr la plarn du Thè:\ln•-Fra,,,.ais: 11111• {•paisse fumét• nwnl<• au-dr~sus drs TuilêrÎ('S, le dù111c(•sl d(·jà écroull•; dam; l'asile <le l'rx~ministt'rc d'El:ll, 011 voit. à travers les f,•nt'lr('S, ln l1am111e l'UÎSSl'- ler, lourde cl huileuse; c'col bien le feu Ju pélrolc ..... Alors la fureur s'cmp,11·c de la foule: jusque !il elle élail plutôt au sentiment heureux de la délivrance; mais la joie s'cxaspi·rc, tourne aux passions impiloyubles de la vengeance el des représailles ..... Ces incendies projcllenl des nuages de fumée noire: ils allument, dans les <·œurs1 un autre incendie 11011 rnoins féroce. (( Fus1llc1 les prisonniers: Pas de quartiers:,\ morl les pétroliers! •> crient les groupes affolés au, soldats.... .\lors s·org-anisc la chasse- aux susp<'clS, hommes rt frn,mcs; on arn1tc cl on fusille sur pl.1er; la foule applaudit. !Jans les rnai~ons, (·oncic,gcs el boutiquiers 1,ourhcnl a,cc soin Ioules les ou,crlurcs, tris que l<'ssoupirau, d<•sca\'cs. lcs embrasures dcssoux-5ols. n Les nouv('aLL\ inrcnùics qui éclalcnl san:.:; n•l~klic ju8qu'b. ::nmcdi. joinls à l'égorgement des olagcs dans les prisons, nourrisScnl cl cxas1H-.rcnl<'Clf'rnporl<-menl de ju~lice di·r(•gléc cl sauvage. De plus, des obus à pétrole pleurni!'nl en grancl nombre, surtoül la nuil, des Bulles-Chau111011l l'l du l'/>r<•-Lachaisc sur lrs quartiers du Centre. Aussi les ext'-culions sonunaircs, rt;darn(•L'S par la voix publique\ St' multiplient ùarn, les c:lrrcfours cl sut· les qutlis. Pour cCU'.\. qui, malg-ré <'li\., onl ,·u un de t('S mist·rablc~. l'u:il cffar(·, le, i~ag(' con\'lth,if, rouler ~ous les balles, cc souvenir rcslrra t'·lrl'nrlll'mcnl comme u11 hitln1, cauclie111ar ►► l l La prcuv,· col l'aile. l\'insislons pas. li faudrait des pages cl des pages encore pour r,·lal<'r l'ensemble des crimes perpétrés par l'arm(•c el par la Lourf,:·eoisie en furie, l'une aidant l'autre, en ces heures affreuses. La uuil n•,·inl a,·("cson c·orlègc cl'épou\'anlcs. Pour leur <lu<•àI mol'l, à 1w11u.· iulcrrompu pal' la ln~vr drs t{•n<'l>rrsl,e~ dcu\'. Olh·Prsairrs fourhissai(•nl l1•ur~ armes. Si la fusilladP St"' lai!iail, ln canonnade continuait du reste plus ~onorl' el plus lugubre dans le sile,,.·c g,'néral Jcs choses. lies haute~rs tl(•s Buth'sChaumonl, du Pi•r1•-Lt1chaisc ri Je Bic,'lrc, du Panlhéon, du Trocadéro cl de Montmal'lre, les obusiers fédér<-s !'l versaillais échangeaient ,1'111fcrnalcs1·épliqucs couvrant la ville d'un d61ugc dr rcr. Ceprndanl dr nouveaux irn.·mu.li<·s illuminaient la profondeur <lescieux de leurs fauves luems. A cùlé des Tuileries, de la Cour des Comptes, de la Légion d'llonneur qui flaml,aient toujonr"., l'Jlôtel de Vil!<', le Palais Royal, le ThM.tre Lyrique, l'Eglise Saint-Euslachc, Cl) L. G.1,mn.,x1. f.tt Bulaill«dei,ptjo111·1, p.. ,1;-Ji-'.,;J.

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