4,)2 HISTOil'u,, SOCIALISTE Paris romplail, a capitulé presque sans combat. La bataille n'est que plus bas, après, aux alentours. Au boulevard Ornano, les fédérés disputent le Lerrain pied à pird. A l'avenue Trudaine, les réguliers sont arrêtés également longtemps par une poignée d'hommes. A la rue )lyrrha, autre engagement sanglant, au cours duquel Dombrowski esl frappé morlellemcnl d'une balle à l'aine, aux cùtés de Vcrmorcl. A la place Blanche, un bataillon de femmes conduit par l'héroïque Louise Michel cl la russe ·ümilricff cl qui s'est déjà bal tu la veille aux Batignolles, accomplit des prodiges extraordinaires de bravoure. La position devenue intenable, I<:bataillon cour! se refonner à quelques centaines de mètres plus loin, à la place Pigalle, où il fait front de 11ouveau à l'ennemi el il continuera ainsi jusqu'au dernier jour n'abandonrwnl une barricade que pour reprendre derrière une suivante son combat farouche. Quoiqu'il en soit, la prise de ~Jonlmarlrc portail à la Hévolulion un coup fatal. Maitres de la principale hauteur de Paris, les \'ersaillais pouvaicnlcor,lreballrc avec leur artillerie les bulles Chaumont el le Père-Lachaise, cl l'e!Tcl moral était plus considérable encore. Dès celle heure, la réaction était xirlucllcmenl victorieuse. C'est cc que Thiers annon~a aux déparlemenls dans un télégramme triomphant. Le massacre allait suivre la vicloirn. On avait cli-jà tué la veille sans doute aux Balignolle5 cl sur la rive gauche, fusillé inexorablement derrière les barricades emportées tous les défenseurs survivants; on avait aussi aballu sur les trottoirs, au pelil bonheur, des passants inoffensifs; mais la boucherie n'avait pas revêtu encore un caractère méthodique, manifcslanl un plan d'ensemble, une volonté directrice. La troupe, accompagnée el contrôlée par la police, ne fouillait pas encore une à une les maisons des quartiers conquis, ne les vi<lail pas de la cave au grenier el n'en collait pas au mur tous les locataires, parce C(l1'unpantalon, une vareuse de garde nationale, une paire de godillots avait été trouvés dans une des chambres de l'immeuble. Montmartre lombé, la tuerie se syslémalisa, s'ordonna de façon que pas un Parisien prolétaire n'en réchappât, el que les·• louves" cl les" louveteaux", c·cst-à-dirc les femmes el les enfants fussent assommés arec les loups. Un premier aballoir avait été installé dans la matinée au Parc-Montceau ; uri second le fQl au numéro 6 de la rue des Rosiers, dans le jardin de l'immeuble où, deux mois auparavant, avaient élé fusillés par la foule les généraux Lecomte el Clément Thomas. « Quand l'armée arriva, dit Camille Pelletan, qui ne ful rien moins que communard, elle sembla croire, par je ne sais quel mysticisme de répressrou que la rue même ful criminelle, el que chacun de ses habitants e0t sur lui une éclaboussure du sang de Cléinenl Thomas el de Lecomte. On fusilla largement. Puis l'on s'installa au n• 6; on fil aux mânes des deux généraux d'a!Treux sacrifices el le jardin vil des scènes de torture el de morl dont l'invention barbare cl superstitieuse élail digne du onzième si~cle. Les prisonniers étaient amenés là de tous côtés·: quels prisonniers? Tous ceux que le soupçon ou la•
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