HISTOIRE SOCIALISTE 451 tournée, devenue complètement intenable. Derrière celle forteresse qui semble inexpugnablc,s'élèvenl loul au long de la rue de Rivoli, dans les ruelles élroiles du quartier Saint-Gervais, au pied de la Lour Saint-Jacques, d"autres barricades. Hommes, femmes, enfants y travaillent avec une sombre ardeur. Toul passant, bourgeois vaniteux, dames en falbalas, est requis pour une aide de quelques minutes. " Cn coup de main, citoyen ou citoyenne, disaient les terrassiers improvisés; c'est pour votre liberté que nous allons mourir». On remue, on dresse les pavés jusque dans les quartiers aristocratiques, en plein lerriloire hostile, à !'Opéra, à la Bourse, au faubourg Saint-Germain ou de sanglantes rencontres se sont produites dès lors rne du Bac, sur les pentes de Montmartre surtout, à la place Blanche, à la place Pigalle, de cc Montmarlrc qui, on le pressent, les Batignolles déjà entamées, sera attaqué demain. Oenl mille prolétaires besognant el surveillant sont debout en celle nuil d'allenle ou l'ennemi a fait halle par calcul sans doute, mais aussi par crainte, et où l'espoir d'une victoire reste au cœur. Le.23, dès l'aube, commcn~a l'tlpre bataille. Toutes les forces versaillaises enlrnicnl à la fois en ligne. La veille, les corps de Clinchant elde Ladimirault avaient exécuté un ensemble d'opérations préparatoires co, Ire '."ontmarlre; mais les bataillons du XVII•, conduits par )lalon rl h1clac-!, leu,· avaient barré résolument le chemin. A 4 heures du malin, le,., mb il l"<'i rend dans ces parages el après cinq heures de fusillade les Balignollais ~ont forc(s de ballre en relrailc. Ils se replient sur ~fonlmartre, complanl pouvoi,· reprendre haleine sous les canons de la place. Mais ces canons sont mue:s rl ~lonlmarlrc semble s'abstraire de la lutte. Celle nuit, plusieurs délégués de la Commune sont venus pour secouer la lélharfl"ie de la citadelle révolutionnaire, Lefran~ais, Vermorel, Johannard avec La Cécilia cl Cluserel. Cluserel a disparu. La Cécilia a pris le commandement, mais il n'a guère avec lui que deux ou trois cents hommes. Les Montmartrois dévoués à la Commune combattent plus bas, du côlé de l'Hôlel de Ville; d'autres, le plus grand nombre il faut le dire. par lassitude, découragement. sonl rentrés chez eux. Le .chef de la XVlll•légion, Millièrc(l), esl un incapable dénué de Loulevigueur. Le pire esl que la formidable artillerie établie sur la bulle conÏinue à se taire. Il y a eu des lrallres par là depuis des semaines, c'est certain; les pièces sont pour la plupart hors d'usage. Les Versaillais ont donc ou à peu près roule ouverte. A9 heures, Clinchanl s'empare de la barricade de la place Clichy el ses soldais gravissent par l'ouest les pentes de la bulle, tandis que les troupes de la brigade )lontaudon, à qui les Prussien~ ont livré le passage sur la zone neutre l'abordent par le Nord. A 2 heures tout est fini; le drapeau tricolore flotte sur le Moulin de la Galelle el la mairie du XVIll• esl envahie. La citadelle révolutionnaire, sur laquelle toul (i} Ce Millière n'a de commun que le now avec celm qui fut exécuté trois jours après 11.uPanth~on.
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