HISTOIRE SOCIALJSTE 4J9 Julie dispersée, alors qu'une lutte centralisée et concertée était possible et qui sait? pouvait encore tout remettre en question. La Commune réunie dans la matinée souscrivait de son cùlé à celle tactique imbécile, décidant que ses membres se rendraient clans leurs arrondissements respectifs pour y activer la construction des barricades et la mise en défense des quartiers. Cc faisant, elle se dissoh•ait elle-m,1mc, ruinait le dernier centre de ralliement où la Révolution combattante aurait pu trouver conseil cl soutien. Le Comité de Salut public, dont tous les membres, sauf Billioray qui s'était enfui la nuit et qui ne reparut pas, restaient sur la brèche, s'abandonnaient au mème courant, se bornant il crier comme Delescluze : « Aux armes el aux barricades! » saus donner d'autre mot d'ordre ni prescrire d'autres dispositions. Durant celle journée de lundi, l'armée versaillaise slalionnée, il est vrai, dans les quartiers aristocratiques de l'Ouest, ne rencontra qu'une médiocre résistance; mais la résistance n'eut guère élé plus vive à quelques kilomètres de là pour les raisons que nous venons de mentionner. li est a,·éré que si ce jour les cinq divisions déjà ~nlrées avaient poussé droit devant elles, elles eussent gagné presque sans encombre le cœur de la Cité, enlevé ou tourné les barricades à peine ébauchées qui sortaient de lene el acculé immédiatement la Révolution à ses r<\duitsdc Montmartre, de Belleville el de !a Bulle aux Cailles. Des généraux plus humains ou moins couards que les autres le conseillaient, parall-il, Clinchant notamment; mais ce n'est pas cc que Thiers entendait. L"nc victoire remportée de la sorte n'eut pas été, en cflcl, une victoire sanglante. Surloul elle n'eut pas autorisé le massacre, la boucherie qui était dans le programme de la réaction enfin lriomphanle, qui était même tout son programme. li fallait, au contraire, laisser aux communeux le temps de se reconnaitre, d'organiser leur défense quartier par quartier, afin qu'il y cul lulle partout ou semblant de lulle, cl partout abondante saignée de l'habitant, du Parisien combattant ou non combattant. C'est en conformité de ce dessein hideux que Thiers commanda, autant qu'il le pul, l'arme au pied et que les troupes ne s'aventurèrent pas plus loin, dans leur marche ralentie, que les premières pentes de Montmartre et le Palais de l'industrie sur la rive droite, la ga.-c de Montparnasse sur la rive gauche. Ces vingt-quatre heures furent données à l'élaboration définitive du plan ou plus cxaclemcnl de la balluc. Un des confiucnls de Thiers, Louis Jczier!ki, du journal le Temps s'en explique ainsi : « La Seine décrit clans Paris un arc de cercle; sur chaque versant s'étend la ville, en forme de circonférence. Mais la rive gauche est bien moins étendue que la rive droite; de plus, le versant de la rive gauche est d'une allitude inférieure ..... Ainsi, à première vue, les mnnœuvres d'attaque devaient suivre parallèlemeol les crèles de chaque côté de la Seine; mais l'attaque de gauche se heurtant à des obstacles moins ardus et ayant 6 parcourir un périmètre moins étendu, devait marcher plus vile de façon
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